Mobilisation sociale

La grève se poursuit à la FNAC Saint-Lazare

La grève se poursuit à la FNAC Saint-Lazare

Un préavis de grève a été déposé le 8 décembre dernier à la FNAC installée à la gare Saint-Lazare. Le collectif des grévistes exige de meilleures conditions de travail (dont une prime) et une hausse des effectifs. Si la direction a quasi satisfait la deuxième revendication, elle rejette la première. Malgré le dialogue maintenu entre les deux parties prenantes, une grève reconductible et illimitée a été votée le 12 février dernier.

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Par Adriano Tiniscopa ,
Créé le 18.02.2022 à 19h21 ,
Mis à jour le 21.02.2022 à 11h24

À l'appel des syndicats CGT FNAC Paris, CNT, FO FNAC Paris et de l'union syndicale Solidaires, la grève se poursuit à la FNAC Saint-Lazare, située dans le centre commercial du Passage de Rome, à proximité des Grands magasins. « Au départ il y avait des mouvements ponctuels, 2 heures par jour, puis 2 jours par semaine. Depuis ce lundi 14 février nous sommes en grève reconductible totale », rappelle Marlène, élue déléguée du personnel à la CGT et libraire depuis 21 ans à la FNAC. Initialement, les revendications se sont déclinées sous la forme d'une « prime Covid » pour l'ensemble des FNAC de Paris et d'une demande d'embauche de 5 salariés supplémentaires. Trois rencontres entre les parties prenantes ont fait évoluer les rapports de force. Les grévistes ont finalement réservé la prime à la seule FNAC Saint-Lazare, mutée en une « prime pénibilité », et demandent à présent un renfort de 6 salariés.

« La FNAC Saint-Lazare connaît une fréquentation soutenue, nous avons été en quelque sorte victimes de notre succès : le livre a performé l'année passé, et notamment dans cet établissement »,explique Philippe Piron, DRH France-Suisse de FNAC-DARTY. 219 salariés dont 45 libraires y travaillent et le livre demeure le produit emblématique de l'enseigne. « Aujourd'hui, l'enjeu n'est pas celui d'une prime pour le Covid même s'il y a des points sur lesquels nous souhaitons réfléchir », poursuit-il. Quant à la « prime pénibilité », la direction reste à cette heure catégorique sur sa décision de ne pas l'accorder. Le DRH France rappelant que « d'autres mécanismes existent pour reconnaître l'investissement des salariés à savoir l'intéressement. »

Recrutements

Pourtant « la prime d'intéressement a diminué de 60 % l'an passé, son enveloppe diminue d'année en année », explique Nicolas, vendeur à la FNAC Saint-Lazare depuis 1998. Concernant cette forte réduction, Philippe Piron n'a pas souhaité la commenter indiquant toutefois « qu'il est difficile de comparer des années aussi atypiques, dans un contexte de pandémie ». C'est peut-être sur la demande d'augmentation de l'effectif salarié que les parties prenantes ont le plus avancé. « Les grévistes demandent actuellement 6 postes, la direction est montée à 5 dont un alternant alors qu'il y a des tâches qui ont été reportées sur les vendeurs comme l'encaissement obligatoire par exemple », détaille Alex, représentant syndical Force ouvrière (FO) et vendeur à la FNAC installée sur les Champs-Élysées. Et de poursuivre sur le fait que « deux postes étaient en cours de recrutement depuis des mois ».

Sur ce point, Philippe Piron évoque une anticipation du côté de la direction puisque finalement deux libraires ont été embauchés en CDI au 1er février. « Et nous avons répondu favorablement à la revendication initiale de 5 salariés avec le recrutement de 2 CDI supplémentaires et 1 alternant, ce qui fait 4 CDI et 1 alternant au total, ce qui est assez proche de la demande initiale », justifie Philippe Piron. La direction ne souhaite pas revenir sur cette proposition. « La direction n'a évolué que sur la demande d'embauches, la grève se durcit donc pour voir s'ils reviendront sur leur décision, et alors, on peut espérer une reprise du dialogue », conclut Alex.

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