3 avril > récit France

En 1973, alors qu’il habite en Algérie, sur la corniche oranaise, Jean-Jacques Salgon rentre en France. Et tombe sur une maison à vendre, près de celle de sa tante, la terrible et plutôt pète-sec "Taty Claque". Le voici qui y entre en douce, visite les lieux et s’avoue séduit par le bric-à-brac qu’il y trouve, une couche de crasse "sans doute centenaire", avant d’en ressortir muni d’une jolie assiette en faïence.

Ladite maison, qu’il n’a pas tardé à acquérir, l’auteur de 07 et autres récits (Verdier, 1993) et du Roi des Zoulous (Verdier, 2008) nous en ouvre les portes dans Place de l’oie. Pièce par pièce, niveau après niveau, comme l’a récemment fait Thomas Clerc avec son appartement dans Intérieur.

Le détour par la vallée de la Thines, par Les Vans en Ardèche, vaut la chandelle. L’occasion pour le visiteur de croiser un castelet, une affiche sous-verre qui ramène à la Révolution française. Salgon opère de savants va-et-vient entre présent et passé. Il nous entraîne dans la cuisine, la salle à manger, la terrasse qui surplombe la place de l’oie qui donne son titre au récit. Nous montrant au passage les œuvres complètes de Victor Hugo - trente-trois volumes qui occupent 1 mètre 45 linéaire -, ses 45 tours et 33 tours.

Chemin faisant, il évoque les aventures d’un certain Frédéric Brown recruté par les services secrets américains pendant la Seconde Guerre mondiale ou un fait divers survenu des années plus tard dans la région. L’écrivain se souvient de quelques recettes alléchantes, d’une arrivée de Jean Rolin et de la photographe Sophie Ristelhueber mandatés par Libération, de sa lecture de Rimbaud dans l’édition poche à la couverture bleue ou de bien d’autres choses qui font le sel de Place de l’oie. Al. F.

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