Cinéma

"La route sauvage" et "Transit": deux errances à bout de souffle

Charlie Plummer dans "La route sauvage" et Franz Rogowski dans "Transit"

"La route sauvage" et "Transit": deux errances à bout de souffle

Deux adaptations distinguées dans plusieurs festivals font face au mastondonte Avengers.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 24.04.2018 à 17h13,
Mis à jour le 24.04.2018 à 18h00

Outre Avengers: Infinity War, l'énorme production Marvel, parmi les films qui sortent en salles le 25 avril en France, on distingue deux adaptations dont le trait commun est une errance désespérée à l'issue incertaine.

La route sauvage

La route sauvage, réalisé par Andrew Haigh (45 ans), est l'adaptation du roman de Willy Vlautin, réédité le 4 avril dernier par Albin Michel dans sa collection "Terres d'Amérique", traduit par Luc Baranger. Initialement le roman était paru sous le titre Cheyenne en automne chez 13e note en 2012. On y suit Charley Thompson, adolescent passionné de chevaux, abandonné par sa mère quand il était encore enfant. Il vient de perdre son père. Orphelin, il se décide à traverser l'Amérique à cheval, Lean on Pete, promis aux abattoirs mexicains après une série de victoires sur les champs de course.
 
Récit initiatique et imprévisible, on traverse les somptueux paysages du nord-ouest des Etats-Unis, mais aussi une Amérique peuplée de paumés. Le jeune homme - Charlie Plummer qui l'incarne a reçu le prix du meilleur espoir au Festival de Venise en septembre 2017,- entre innocence et perdition, est face à des choix existentiels: retrouver sa tante bibliothécaire ou s'exclure du monde.

Transit

Dans un tout autre genre, Christian Petzold (Phoenix) adapte l'œuvre d'Anna Seghers (1900-1983) avec Transit. Ecrit en 1944, le roman se situe au début de l'Occupation en France et avait déjà fait l'objet d'une adaptation, en 1990 par René Allio. L'éditeur Autrement réédite le livre aussi politique qu'existentiel le 2 mai, traduit par Jeanne Stern. 
 
Le cinéaste allemand transpose l'histoire à l'époque actuelle, tout en conservant le contexte historique (une France moderne envahie par les Allemands), et des éléments artistiques de la période des années 1940 (costumes, décors...). Le film suit ainsi Georg, qui prend l’identité du célèbre écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite du visa de l'auteur pour prendre la fuite et tenter de rejoindre le Mexique. Mais une fois arrivé à Marseille, dans l'attente de son visa américain, Georg tombe amoureux de Marie, la veuve de Weidel. Entre deux mondes, les réfugiés cherchent avant tout à partir. Sauf Marie, spectre se promenant dans la ville méditerranéenne, qui espère voir son mari venir...

L'œuvre cinématographique, en compétition au dernier Festival de Berlin, est aussi un hommage romanesque à la littérature et à la force des livres face au chaos de l'Histoire et aux tragédies humaines.

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