Pour leurs 80 ans, les librairies Sauramps ne sont pas au mieux de leur forme. « Depuis l'an dernier, elles n’achètent plus, on ne fait plus de mises en place », rapporte un distributeur.
Ce n'est pas la première fois que le groupe montpelliérain rencontre des difficultés. En 2017, il avait été placé en redressement judiciaire avant d'être repris par le promoteur immobilier Amétis, filiale du groupe Hugar détenu par François Fontès.
Mais le directeur de Sauramps David Lafarge, arrivé en 2024, tempère : « Les commandes sont acceptées mais les délais allongés », indique-t-il, expliquant limiter les commandes pour des raisons financières. Quant au « réassort en magasin légèrement réduit », c’est selon lui habituel en début d’année.
Le Comité social et économique a tenu la semaine dernière une réunion exceptionnelle, et tait encore à ce jour son issue. Mais un employé s'inquiète : « Nous avons de grosses difficultés financières, nous avons perdu trop de clients depuis quelques années pour maintenir un chiffre d’affaires suffisant ».
En 2020, la seule librairie Comédie se hissait en 4e position de notre classement annuel des librairies, avec presque 16 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2024, les librairies Sauramps dans leur ensemble se retrouvaient à la 18e position du classement des groupes avec 8,8 millions d’euros de chiffre d'affaires pour l’activité livres.
Une fermeture « temporaire »
Plus récemment, les signaux d'alerte se sont multipliés. En janvier, la librairie pop-up située dans le centre commercial Odysseum a fermé. « On ne veut plus poursuivre le modèle d’une librairie dans un centre commercial », commente David Lafarge, affirmant n’avoir « pas ressenti de vraie différence sur l’activité du groupe en fermant le pop-up ».
À cela s’ajoute la fermeture, en janvier 2025, de la librairie du musée Fabre. « Mais de manière temporaire », nuance encore le directeur, le musée entrant dans une phase de travaux. « Nous n’avons pas fermé la porte à la possibilité d'y revenir, une fois les travaux réalisés. »
Mauvaises fêtes
La librairie Sauramps située à Alès a quant à elle vu s’installer après le Covid une Fnac, puis une librairie indépendante en novembre 2024. Alors qu'ouvrira en avril un Cultura en périphérie.
Tout ceci après des périodes de fêtes décevantes pour la tête de pont, la librairie Comédie de 1 400 m2, représentant les trois quarts du chiffre d’affaires du groupe. Montpellier ayant été touché par les inondations du 17 au 22 décembre, « les ventes ont été particulièrement fortes les 23 et 24, mais pas au point de rattraper les cinq jours d’inondations », regrette le directeur.
D'autant que le pass Culture, qui a réduit sa voilure en mars 2025, ne génère plus autant de ventes que les années précédentes. « On a vu la différence », glisse David Lafarge, néanmoins sans quantifier la baisse.
Reste ce chiffre : le loyer de Sauramps Comédie de près d'1,5 million d’euros par an, représente aujourd’hui presque 18 % du chiffre d’affaires, selon Le Quotidien de l’Entreprise qui fait également état de 5,2 millions d'euros de pertes cumulées par l'ensemble des librairies Sauramps selon le journal économique régional La Lettre M. Alors qu'Amétis, le propriétaire de Sauramps, est lui-même en difficulté.
Encore de l’espoir
Une situation inextricable ? À Livres Hebdo, David Lafarge confie espérer encore augmenter le nombre de références. Il annonce également de nombreuses rencontres d’auteurs à venir.
