19 janvier > Récit France

Si Marc Lavoine, acteur, auteur-compositeur-interprète populaire, parle volontiers de son travail, de ses idées, il est beaucoup plus réservé sur sa vie, son enfance, sa famille. Aujourd’hui, il décide de prendre la plume pour se raconter, dans un récit autobiographique axé autour du personnage de son père, Lulu. L’homme qui ment, c’est lui. Surtout à sa femme, Michou, laquelle n’apprendra qu’au début des années 1980 la singulière conception de la fidélité conjugale de son conjoint. Outre deux maîtresses régulières, Lulu menait une double vie avec Mlle C., une jeune étudiante parisienne, tandis que le reste de la famille, Michou et leurs deux fils, Francis et Marc, habitaient à Wissous, banlieue sud. La révélation aboutit à un divorce. Lulu a épousé C. (Catherine), ils se sont installés à Saint-Cirq-Lapopie, ont eu une Ophélie, avant de divorcer à leur tour. L’incorrigible a fini sa vie près de Narbonne, avec une Géromie rencontrée à l’hôpital lors de sa première crise cardiaque. Sacré personnage que ce père employé des postes, syndicaliste CGT, militant communiste, revenu de tout et virant écolo, gros buveur, obsédé sexuel et baratineur.

On se doute bien que l’enfance de Marc, né en 1962, n’a pas toujours été facile. A l’adolescence, il a pris son envol, décidant de devenir comédien. On connaît la suite. En revanche, il n’a jamais renié ses parents. Il les raconte avec humour, et une infinie tendresse. Avec crudité parfois, sans fard, et tant pis pour son "image". Ce livre, son premier - si l’on excepte Toi et moi, on s’appelle par nos prénoms, un recueil de textes issus du Papotin, le journal d’une association de jeunes autistes (Fayard, 2011, repris au Livre de poche) -, est réussi, émouvant, nostalgique du Wissous de sa jeunesse, qui repose maintenant dans deux cimetières : Michou et Lulu font mort à part. J.-C. P.

Marc Lavoine
L’homme qui ment
Fayard
Tirage : 35 000 ex.
Prix : 17 euros ; 190 p.
ISBN : 978-2-213-68608-0

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