Le japonais Rakuten achète le canadien Kobo

Le japonais Rakuten achète le canadien Kobo

L'un des leaders du commerce en ligne a déboursé 315 millions de dollars (228 millions d'euros) pour acquérir le fabricant de liseuses.

Par Vincy Thomas
avec vt, avec afp Créé le 15.04.2015 à 19h12

Le gérant de la plus grande galerie marchande en ligne nippone, Rakuten, a annoncé mercredi l'acquisition pour 315 millions de dollars (228 millions d'euros) de la société canadienne Kobo qui fournit des liseuses et des livres numériques à des sites de libraires. Kobo a signé un partenariat avec la Fnac il y a un mois pour fournir les nouvelles liseuses de la chaîne.

Rakuten, qui vient d'ouvrir au Japon sa propre librairie virtuelle "Raboo", s'apprête, sous réserve d'approbation des autorités compétentes, à acheter et payer en numéraire 100% des parts de Kobo, afin d'étendre sa présence internationale dans ce domaine. Cette acquisition marque une nouvelle étape pour Rakuten qui étend ses ramifications à l'étranger, un an après avoir absorbé la société française PrimeMinister et le site américain Buy.com.

En juin, Rakuten avait acquis le cybermarchand brésilien Ikeda, en juillet, il avait mis la main sur la galerie marchande Tradoria, l'une des plus importantes en Allemagne et en septembre le groupe nippon avait annoncé l'acquisition, pour 25 millions de livres (29 millions d'euros), de la société britannique Play Holdings qui gère l'une des plus importantes plates-formes de commerce électronique en Grande-Bretagne.

Fondé en 2009 et basé à Toronto, Kobo est numéro un du livre numérique au Canada et revendique un catalogue de 2,5 millions de titres d'ouvrages, principalement en anglais. Le libraire canadien Indigo possède 57,7% du capital de la société Kobo, aux côtés de REDgroup Retail et Cheung Kong Holding. La chaîne de librairies américaine Borders, récemment liquidée, possédait 11% du capital. Selon le site PaidContent.org, cette vente devrait rapporter entre 140 et 150 millions de $ US à Indigo.

Pour le fondateur et P-DG de Rakuten, Hiroshi Mikitani, "Kobo fournit une des expériences de lecture les plus communautaires avec son intégration de médias sociaux, tandis que Rakuten offre à Kobo des occasions uniques pour se développer".

"Cette transaction renforcera beaucoup notre position dans nos marchés actuels et nous permettra de nous diversifier rapidement dans d'autres pays et d'autres catégories d'e-commerce", s'est réjoui de son côté le directeur général de Kobo, Michael Serbinis, cité dans un communiqué diffusé en Amérique du Nord.

Grâce à ses filiales dans divers pays, Rakuten prétend offrir à Kobo une présence internationale encore plus large, en Allemagne, au Brésil, à Taïwan, en Chine, en Thaïlande, en Indonésie, et bien sûr, au Japon où son service Raboo (diminutif de Rakuten Book) est déjà compatible avec une liseuse spéciale de Panasonic et bientôt avec les modèles Reader de Sony.

Rakuten compte s'appuyer sur sa renommée et son expérience dans la vente de produits et services par Internet et adapter ses méthodes éprouvées et très lucratives à des contenus immatériels.

Pour les neuf premiers mois de l'exercice 2011, Rakuten a certes déploré une perte nette, mais cette déconvenue est due à une charge exceptionnelle liée à la restructuration d'une activité de cartes de crédit, tandis que sur le plan purement opérationnel il a affiché des ventes et bénéfices record.

Le groupe, qui profite de la force historique de la monnaie japonaise, a lancé une vaste offensive à l'étranger où il achète des entreprises à tour de bras. Créé en 1997, il emploie plus de 10 000 employés dans le monde.

15.04 2015

Les dernières
actualités