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Le scénariste césarisé Jean-Luc Gaget publie son premier roman

Jean-Luc Gaget, César du meilleur scénario en 2017 - Photo bertrand GUAY / AFP

Le scénariste césarisé Jean-Luc Gaget publie son premier roman

Compagnon de route de Laurent Bénégui et Solveig Anspach, le scénariste du récent Zaï Zaï Zaï Zaï, publie un premier roman loufoque, La confrérie des giflés, en avril, chez Lattès. Rencontre.

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Par Vincy Thomas ,
Créé le 18.03.2022 à 18h50 ,
Mis à jour le 21.03.2022 à 14h28

Jean-Luc Gaget est un primo-romancier tardif. Après 40 ans dans le cinéma, comme scénariste (césarisé), acteur, monteur, réalisateur et producteur (avec Laurent Bénégui), le voici qui se lance dans de nouvelles écritures et aventures. Au théâtre depuis le 2 mars avec Rencontre avec une illuminée, il collabore à sa première pièce. En librairie, le 6 avril prochain, avec La confrérie des giflés, que JC Lattès publie.

Il avait jusque-là adapté de nombreux livres et bandes dessinées, tels Lulu femme nue d’Etienne Davodeau, Cornélius le meunier hurlant d’Arto Paasilinna, Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro mais aussi des épisodes de la série Les petits meurtres d’Agatha Christie. Il écrit depuis l’enfance, d’abord de la poésie, avec des pastiches de Jacques Prévert. Le cinéma lui est ensuite tombé dessus… et les années ont passé, avec, toujours, dans un coin de sa tête, le fantasme d’un livre.

« Ça fait longtemps que l’idée d’un roman me titillait, mais je n’avais pas le temps, je ne prenais pas le temps. Or il était temps que j’écrive pour moi » explique-t-il à Livres Hebdo. . « J’aime bien me mettre des défis » ajoute-t-il.

Le scénariste cesse de fantasmer ce livre qu’il remet toujours à plus tard. « C’est un geste. Je suis parti sur un élan, à partir de l‘idée de la vexation. Dans le boulot de scénariste, j’ai toujours des deadlines, un temps donné. Je dois beaucoup faire avec la contrainte. Je suis toujours dans le désir de l’autre : celui du réalisateur, du diffuseur, et même parfois de l’interprète. Et là, avec un roman, ma contrainte était d’être dans mon désir et de me donner un challenge envers moi-même. C’était mon moment. »

Discipliné, consacrant quatre heures tous les matins, fort de son expérience de scénariste, avec un sens de la structure et de la dramaturgie, Jean-Luc Gaget se lance dans l’écriture avec pour objectif de s’offrir son premier roman pour Noël.

Comédie humaine

A partir d’une trentaine de pages écrites au fil du temps, il déploie l’histoire de Jérémie Soldatini, chroniqueur politique parisien dans la quarantaine. Il se fait gifler dans un bar par un inconnu qui prétend s’appeler Nitch, il ne dit rien et tourne les talons. Depuis, cette gifle le hante, et avec elle, toutes celles reçues dans sa vie. Son psy ne lui est d’aucune utilité, aussi engage-t-il un détective, qui découvre bientôt qu’il n’est pas le seul à avoir été giflé par Nitch. Avec un goût prononcé pour les mots et un amour indéniable pour la folie de ses personnages, c’est le début d’une enquête psychanalytique, métaphysique et généalogique, décalée, drôle et parfois absurde. Une spirale infernale et révélatrice, une grande remise en question où sont convoqués Hermann Bloch et Lacan.

« Parfois on dit que mon écriture est un peu hors-sol. Mais moi, c’est ce que j’aime. Je veux assumer ça. J’adore décoller de la réalité, mais ça ne m’empêche pas de choses très intimes et très profondes » précise l’auteur. « Je prends le roman comme une matière qui va être malléable. »

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