«Pour que la reprise d’une librairie soit viable, le fonds de commerce doit être peu onéreux », lance Jessica Bouillant. Avec Aurélien Peyré, aux côtés de qui elle a ouvert, il y a moins d’un an, Charabia à Embrun, cette jeune libraire de 26 ans a racheté en juin, pour un montant de 10 000 euros, la Librairie du Centre située à Guillestre, à 20 kilomètres de distance. A vendre depuis plus de deux ans, l’établissement, repris sans le stock, a été renommé dans la foulée L’Echo des mots. Forts de la reconnaissance déjà acquise par Charabia, les deux libraires, qui ont embauché une personne pour les seconder, misent sur les synergies possibles entre les deux points de vente. A commencer par l’offre. « En fonction des demandes de la clientèle, les livres voyageront entre les deux magasins », assure Jessica Bouillant, qui évoque 7 000 références pour Charabia et 2 000 pour L’Echo des mots.
Côté gestion, les deux libraires ont aussi entrepris de renégocier leurs conditions commerciales : « Avec certains fournisseurs, nous avons obtenu des échéances ou des remises supplémentaires, entre 0,5 et 1 point. » Pour autant, les deux établissements restent bien séparés, comme en témoigne leur dénomination différente. « Ce sont deux lieux distincts. A Embrun, Charabia a une identité littéraire ; à Guillestre, nous allons jouer la carte du régionalisme et recréer, comme dans la Librairie du Centre, un salon de thé. » Installés dans une région touristique, aux portes du Queyras, les deux libraires tablent sur un chiffre d’affaires de 60 000 euros pour L’Echo des mots et de 230 000 euros pour Charabia.
C. N.
