A 1,7 % du chiffre d'affaires du secteur, l'édition publique reste marginale dans la production et la vente d'imprimés en France, ce qui convient bien aux éditeurs privés. Selon le dernier rapport (disponible sur Livreshebdo. fr) du médiateur chargé d'analyser cette activité, la place de l'édition publique ne cesse d'ailleurs de reculer sur la période examinée. De 2008 à 2010, le chiffre d'affaires des 63 maisons répertoriées a reculé de 9 %, à 45,8 millions d'euros - soit l'équivalent des ventes du seul Dargaud-Lombard, 23e éditeur du classement de Livres Hebdo. En 2006, il dépassait même les 50 millions d'euros. Les éditeurs recensés emploient 1 700 personnes. Le repli continu s'explique à la fois par une baisse des ventes et des prix, alors que la production reste soutenue, avec 7 % des nouveautés publiées en France.
La part de l'édition publique varie suivant les rayons. Elle est importante dans la cartographie, héritage du caractère stratégique et régalien de cette activité, avec 13,5 millions d'euros de recettes (- 7 %) pour 3,1 millions de cartes vendues, soit environ 35 % du chiffre d'affaires global du secteur en France. L'IGN est l'acteur dominant de la cartographie publique, qui représente 30 % de l'édition publique.
Les éditeurs publics ont vendu 3,7 millions de livres en 2010 pour 32,1 millions de chiffre d'affaires (- 10 %). L'édition d'art est le second secteur dont les intervenants publics, adossés aux collections et musées de l'Etat, peuvent faire jeu égal avec ceux du privé : avec 15,3 millions d'euros, leurs ventes représentent 15 % du chiffre d'affaires du secteur, et près de la moitié de l'édition publique. La RMN en est l'acteur essentiel.
Destiné à rassurer les éditeurs privés toujours méfiants face à des intervenants soupçonnés de concurrence déloyale, ce rapport annuel analyse aussi l'usage des outils de gestion, et notamment du compte d'exploitation prévisionnel, encore peu utilisé, sauf par les éditeurs en art et en éducation. Les salaires ne sont notamment pas toujours pris en compte dans le calcul des coûts, mais la rentabilité n'est pas non plus le critère déterminant de projets qui relèvent de missions de service public. Le médiateur insiste néanmoins sur la nécessité d'une gestion attentive aux coûts, indispensable dans "le contexte actuel de tension des finances publiques". Enfin, il relève le rappel à l'ordre du ministère de l'Education nationale à propos de l'opération "Un livre pour l'été", réalisée à l'aide de "subterfuges de procédures".
