Les classes populaires se sentent exclues de l’industrie du livre | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, avec Bookseller, le 22.02.2019 à 17h22 (mis à jour le 22.02.2019 à 18h00) Royaume-Uni

Les classes populaires se sentent exclues de l’industrie du livre

Photo READING AGENCY

Les préjugés et les discriminations envers les travailleurs britanniques s’identifiant à la classe populaire sont cités comme l’un des principaux critères d’exclusion.

Près de 80% des Britanniques travaillant dans le secteur du livre et se définissant comme issus des "classes populaires" se sentent exclus de leur milieu, selon un sondage du magazine Bookseller. Les répondants disent ressentir un certain malaise, voire avoir subi des discriminations, en raison de l’inadéquation entre leur bagage social et l’environnement de travail de l’industrie du livre.
 
Certains employés ont décrit des difficultés liées au coût de la vie à Londres, tandis que d’autres ont fait part de leur sentiment d’être perçu comme "autre", notamment à cause de commentaires qu’ils ont pu recevoir ou de leur "manque de culture apparente".
 
50% des répondants disant appartenir aux couches populaires ont rapporté avoir été la cible de préjugés et de discriminations dans leur travail, comme le fait, souvent mentionné, de se moquer de leur accent.
 
Photo THE BOOKSELLER
Le népotisme critiqué
 
Le compte rendu du Bookseller souligne également la perplexité et la frustration de ces employés qui n’arrivent pas à assimiler certains codes sociaux et ne disposent pas des réseaux nécessaires pour s’insérer correctement dans leur secteur. Parmi eux, certains dénoncent même le népotisme en vigueur dans le milieu, et réclament aux entreprises plus de transparence en matière de politique d’embauche.
 
"J’ai vu des collègues issus des classes populaires être licenciés et remplacés par d’autres venant de milieux plus bourgeois, sans que la proposition d’emploi ne soit publiée, seulement sur la base de leur 'adéquation' supposée avec l’entreprise", explique un éditeur. Un libraire abonde, n’hésitant pas à parler d’un "milieu fermé".

Ian Hudson, le P-DG de l'éditeur Dorling Kindersley, lui-même issu des milieux populaires, espère que l'industrie se saisira de cette étude pour tenter d'améliorer ses pratiques. "Nous essayons d'attirer plus de personnes provenant de milieux sociaux différents, a déclaré le dirigeant. Mais si 80% des personnes travaillant dans ce milieu ne sont pas utilisées à leur plein potentiel, alors il faut d'abord se servir de ces talents."
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