Brexit : Hachette UK s’engage à couvrir les frais de ses salariés européens | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, avec The Bookseller, AFP, le 18.01.2019 à 17h59 (mis à jour le 18.01.2019 à 18h00) Royaume-Uni

Brexit : Hachette UK s’engage à couvrir les frais de ses salariés européens

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Le groupe britannique estime que 150 membres de ses équipes devront régulariser leur statut migratoire d’ici le 30 juin 2021. Pour sa part, Amazon a prévenu aujourd'hui ses fournisseurs de se préparer à un "no deal".

Deuxième groupe d’édition britannique, Hachette UK a affirmé, jeudi 17 janvier, son soutien à ses salariés européens en s’engageant à couvrir l’ensemble de leurs frais de changement de statut imposé par le Brexit. Le groupe, composé d’une cinquantaine de maisons d’édition, estime que 150 membres de ses équipes seront amenés à régulariser leur statut migratoire, explique The Bookseller.
 
"Je pense que le moment est important pour exprimer notre soutien à tous les ressortissants de l’Union européenne et pour dire, qu’en tant qu’entreprise, nous vous considérons comme la clé de notre succès et de notre avenir", a communiqué le P-DG David Shelley dans un email adressé aux équipes du groupe cité par le journal.
 
A partir du 30 mars 2019 et jusqu’au 30 juin 2021, les ressortissants européens devront s’acquitter d’un montant de £65 (environ 75 euros) pour obtenir un statut de résident établi (settled status) ou de résident provisoire (pre-settled status). Hachette UK ignore encore combien de ses salariés répondront à cette offre, précise notre homologue britannique.
 

Amazon conseille aux vendeurs de se préparer à un Brexit sans accord

De son côté, Amazon conseille aux commerçants britanniques expédiant des produits vers l'UE via sa plateforme de constituer des stocks sur le continent pour éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord, rapporte ce vendredi la BBC.

Amazon s'est adressé à ces vendeurs britanniques dans un courriel envoyé ces derniers jours, expliquant qu'un divorce brutal entre Londres et Bruxelles "pourrait entraver temporairement le commerce transfrontalier". Cela concerne aussi l'exportation de livres en anglais vers l'Union européenne.

Le mastodonte du commerce en ligne conseille par conséquent à ses entreprises de stocker des produits d'ici au 17 mars dans les entrepôts que le groupe américain possède sur le continent.

Jusqu'à présent, les entreprises britanniques proposant leurs produits sur Amazon entreposent leurs stocks au Royaume-Uni avant que les biens soient expédiés partout en Europe.

Selon la BBC, des dizaines de milliers d'entreprises basées au Royaume-Uni utilisent la plateforme américaine pour écouler leurs marchandises en Europe et dans le monde.

Contacté par l'AFP, Amazon n'avait pas donné suite dans l'immédiat.
 
 

Un Brexit sans accord serait "le pire résultat possible pour les auteurs et l’industrie de l’édition"

Alors que le Parlement britannique a rejeté le 15 janvier l’accord de sortie négocié entre Londres et Bruxelles, les professionnels du livre ont rappelé leurs inquiétudes si le Royaume-Uni venait à quitter l’Union européenne sans accord.
 
"L’introduction de droits de douane et de contrôles douaniers à la frontière compromettrait sans aucun doute le succès de nos relations commerciales avec l’UE, à laquelle 36% des livres exportés du Royaume-Uni sont destinés", a expliqué au Bookseller Nicola Solomon, directeur général de la Society of Authors (SoA). Selon lui, un Brexit sans accord serait "le pire résultat possible pour les auteurs et l’industrie de l’édition".

"Le secteur de l’édition au Royaume-Uni dépend fortement des marchés d’exportation, y compris de l’Europe, qui a enregistré une hausse de 13% des exportations de livres physiques en 2017", a également rappelé au journal Stephen Lotinga, directeur général de la Publishers Association. "Tout retard des douanes à expédier des produits physiques vers l’Europe serait préjudiciable, de même que toute perturbation des chaînes d’approvisionnement", a-t-il alerté, précisant que l’association était actuellement en train de "planifier activement" les scénarios potentiels du Brexit pour les maisons d’édition, dont celui d’une possible absence d’accord.
 
La Première ministre Theresa May doit désormais présenter un "plan B" d’ici le lundi 21 janvier.
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