20 août > roman Irlande

Un ciel rouge, le matin (Albin Michel, 2014, repris au Livre de poche) montrait déjà le vaste talent de Paul Lynch. L’Irlandais originaire du Donegal s’illustre à nouveau avec un deuxième opus tout aussi réussi, La neige noire. Un roman minéral et abrupt qui vous happe d’emblée.

Voici une ferme du Donegal qui s’en va à vau-l’eau. Il y a là Barnabas Kane, sa femme Eskra et leur fils Billy, 14 ans, renfrogné et dégingandé. Le lecteur apprend que Barnabas est rentré des Etats-Unis à 33 ans, qu’il a appris le métier de fermier. A New York, où il a rencontré son épouse qui travaillait dans un atelier de typographie, il participait à la construction des buildings comme soudeur.

Un jour, l’étable prend feu avec quarante-trois vaches enfermées dedans. Rien ni personne ne pourra les sauver. Pas même le vieux Matthew People qui s’est précipité vers le brasier et n’en est pas ressorti vivant. Pour les Kane, c’est le chaos. Comment résister à pareille épreuve ? Reprendre le cours des choses, surmonter les événements ? Il faut mettre à la fosse les cadavres, se rendre à l’enterrement de Matthew People, affronter le regard des autres.

Le couple ne sait pas comment l’incendie s’est déclaré, s’il est accidentel ou criminel, ni comment ils vont pouvoir relancer l’élevage. Billy, lui, traîne dans les parages avec John le Cogneur. Un type un peu timbré, "incontrôlable, comme le vent"… Paul Lynch faisait déjà preuve dans Un ciel rouge, le matin d’une forte tension narrative. Il arrive ici à combiner un roman pastoral et un roman de l’angoisse à l’âpreté palpable. A parler de quelque chose de tellurique et d’antique, la notion de destin et de fatum, dans cette Neige noire qui est l’œuvre d’un styliste. Al. F.

Les dernières
actualités