Sous les lambris de la Société civile des auteurs multimedia (Scam), la présentation le 12 mars dernier de la quatrième enquête sur les relations entre auteurs et éditeurs s'est déroulée dans une ambiance plus consensuelle que la lecture des résultats aurait pu le laisser supposer (1). Invité pour la première fois, le président du Syndicat national de l'édition (SNE), Antoine Gallimard, a fait preuve de l'ouverture d'esprit nécessaire pour amortir l'effet de certains chiffres que l'extension du périmètre de l'enquête aux adhérents de la Société des gens de lettres (SGDL) a confortés. Si la baisse du montant des à-valoir et des droits par contrat peut s'expliquer par la baisse des tirages due à la multiplication des nouveautés, la gestion aléatoire de la reddition des comptes est plus difficile à justifier : moins de la moitié des auteurs reçoivent un relevé annuel, alors que c'est obligatoire, rappellent la Scam et la SGDL. Et la moitié des auteurs qui reçoivent cette reddition de compte ne la trouvent pas claire, et-ou pas complète, souligne l'enquête. La quasi-totalité des répondants se dit favorable à un système qui serait fondé "sur les sorties de caisse des libraires". Parmi les auteurs traduits, un quart apprennent cette bonne fortune par une autre source que leur éditeur. Et 58 % d'entre eux ne perçoivent aucun droit provenant de leurs ventes à l'étranger.
Les clauses sur les droits numériques, discutées depuis trois ans (voir p. 77), seraient en fait absentes de 63 % des contrats, et les éditeurs ne se précipitent pas pour faire signer des avenants (ajoutés à seulement 18 % des contrats anciens). Jugeant ce résultat surprenant par rapport à la communication des éditeurs assurant disposer des droits numériques de presque tous leurs auteurs, la Scam et la SGDL se demandent toutefois si leurs adhérents ont bien lu toutes les clauses de ces contrats. "Pour être publiés maintenant, les auteurs n'ont d'autre choix que de céder leurs droits numériques en même temps que les droits sur le livre papier", regrette Jean-Claude Bologne, président de la SGDL, en rappelant que toutes les associations d'auteurs souhaitent un contrat séparé pour plus de clarté.
(1) Synthèse complète sur Livreshebdo.fr, onglet Actualités, rubrique Edition.
