Des touristes étrangers aux Parisiens en quête de vitamine C, l’attractivité de Marseille ne cesse de croître. Ces cinq dernières années, dans l’élan post-Covid, de nombreuses librairies ont elle aussi choisi d’en faire leur Eldorado, portant leur nombre à une trentaine. Un dynamisme qui éclipse toutefois la concentration de ces établissements dans l’hypercentre de la cité phocéenne.
À rebours de cette tendance, Jérôme Hors, ancien ingénieur spécialisé en environnement et agriculture, a fait le choix d’une autre implantation. Installé à Marseille depuis une quinzaine d’années, il a ouvert, mardi 8 septembre, les portes d’une nouvelle enseigne indépendante, Les Heures Blanches, dans le quartier plus populaire de Mazargues, dans le IXe arrondissement.
Aiguillé dans son projet par l’Agence régionale du livre de PACA et formé par Book Conseil, ce nouveau libraire confie avoir « toujours traîné dans les librairies, depuis très petit ». Ces quatre dernières années, l’idée de bâtir son propre commerce, « de vivre [sa] propre aventure », s’est renforcée, le conduisant finalement à quitter son ancienne profession.
« La librairie la plus proche était, jusque-là, à trois quarts d'heure à pied »
Installée dans un ancien magasin de jouets, la librairie occupe un local de 50 m². Elle propose environ 5 000 références généralistes, avec toutefois une attention particulière portée à la littérature générale, francophone comme traduite, ainsi qu’à la littérature jeunesse, qui y tient une place importante.
Dans ce quartier encore relativement préservé des phénomènes de gentrification, l’ouverture suscite déjà un vif enthousiasme. « Ces derniers mois, les gens qui s’arrêtaient devant le local étaient ravis d’apprendre qu’une nouvelle librairie allait être créée. Ils n’en ont pas eu depuis longtemps et la plus proche était, jusque-là, à trois quarts d’heure à pied », souligne Jérôme Hors, convaincu de la nécessité de répandre la culture et le livre partout.
Conscient des secousses qui chahutent le secteur du livre, le libraire reste toutefois mesuré. Seul à la tête de l’établissement pour l’instant, il envisage prudemment l’avenir : « Si la librairie trouve son public comme je l’espère, je pourrai peut-être, à terme, envisager d’être accompagné. »
