Devant quelque 150 professionnels, les dirigeants de quatre grands groupes internationaux d'édition - John Makinson (Penguin), Arnaud Nourry (Hachette), Yu Chunchi (China Education) et Oleg Novikov (Eksmo) - ont échangé sur les beaux horizons qui s'offrent à l'édition. La rencontre s'est déroulée lors d'une conférence organisée par
Livres Hebdo avec ses confrères
Publishers Weekly,
Buchreport,
The Bookseller et
PublishNews Brazil, mercredi 12 octobre à la Foire de Francfort, à l'occasion de la parution du cinquième
Classement annuel Livres Hebdo
de l'édition mondiale (
voir notre article du 7 octobre 2011).
Si le marché du livre n'est pas encouragé par le contexte financier actuel, les dirigeants de ces grands groupes n'imaginent pas pour autant un sombre avenir.
John Makinson, dont l'analyse a rejoint, durant tout le débat, celle d'Arnaud Nourry, affirme que “les ventes de livres papier se sont certes contractées, mais la lecture n'est pas sur le déclin”. La population est toujours avide de lecture, même si le support n'est pas encore bien défini. Yu Chunchi a ajouté que “notre défi est de donner aux lecteurs accès à nos contenus en étant flexibles, en nous adaptant à la demande”. Seul Oleg Novikov s'est montré vraiment inquiet, à propos du marché russe qui recule depuis deux ans.
Lorsqu'on parle de “nouveaux horizons de l'édition”, thème de cette rencontre, on ne peut éviter la question du numérique, “qui ne se réduit pas aux ebooks mais affecte tous les aspects de notre métier, de la réception du manuscrit à la diffusion vers le lecteur”, souligne John Makinson. Si aucun n'a voulu donner de chiffre précis sur la part du numérique qu'ils attendaient à terme dans leur chiffre d'affaire, ils ont évoqué un possible 40 %.
“Ce ne sont pas des marchés faciles”
Tous ont rappelé que le métier de l'éditeur restait le même, “trouver le bon projet, travailler avec un auteur et faire des livres imprimés encore plus beaux et meilleurs”, comme l'explique Arnaud Nourry. Yu Chunchi a insisté sur la nécessité, dans l'édition scolaire, de bien cibler ses publics, et Oleg Novikov a rappelé les risques du piratage.
Les autres pistes de développement résident notamment dans les marchés émergents, les “Brics” (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui, contrairement, aux marchés français, britannique ou américain, “sont en croissance et ne sont pas concentrés”, analyse Arnaud Nourry. Ce dernier tempère cependant en rappelant que “ce ne sont pas des marchés faciles”. Arnaud Nourry et John Makinson ont ensuite expliqué leur stratégie d'implantation de filiales, de signatures de joint-venture ou de prise de participation dans les Brics.
Vu de l'Asie, le marché occidental aussi est attrayant. Yu Chunchi a affirmé que des collaborations vont se développer entre ces pays et la Chine pour promouvoir la langue et la culture chinoise dans les prochaines années.