RNL 2019

Les libraires veulent commander moins mais mieux

Les libraires commencent à trouver des solutions pour faire face à la surproduction - Photo OLIVIER DION

Les libraires veulent commander moins mais mieux

Sujet fort des Rencontres nationales de la librairie qui se déroulent à Marseille, les ateliers sur l’achat dans un contexte de surproduction ont permis de faire émerger certaines bonnes pratiques, en particulier celle mise en place par La femme renard à Montauban.

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Par Clarisse Normand,
à Marseille,
Créé le 30.06.2019 à 21h18,
Mis à jour le 30.06.2019 à 22h00

Le nombre de nouveautés (hors réimpressions) est passé de 22000 en 1995 à 47000 en 2017. En tenant compte des réimpressions ce chiffre s’élève à 106000 en 2018. "L’industrie du livre est, comme le disait Jerôme Lindon, est l’une des seules à  répondre à une baisse de la demande par une hausse de l’offre", a rappelé Laurent Layet (Brouillon de culture à Caen), lors d’une table ronde aux Rencontres nationales de la librairie, dimanche 30 juin, sur les enjeux des nouveautés.

"Le problème pour les nouveautés concerne la quantité 1 dont on ne sait pas quoi faire et que l’on prend parce qu’on se laisse déborder", a observé Emilie Pautus (Les grandes largeurs à Arles). Conscients que l’image de leur librairie peut être entachée quand un client demande un titre que celle-ci n’a pas pris (quantité zéro), certains libraires préfèrent dire: "on l’a eu mais on ne l’a plus". Cela passe mieux auprès des clients observent-ils.

Nombre de places strict et avis personnel

Jouant sur la spatialisation, Caroline Berthelot (La femme renard à Montauban) a expliqué sa méthode de quadrillage très strict. "Lors des rentrées littéraires, je définis un nombre d’éditeurs à défendre. Connaissant le nombre de titres que je peux mettre sur mes tables, j’attribue à chaque éditeur un nombre de places strict, par exemple cinq pour Gallimard, cinq pour Actes sud, un ou deux, en fonction de ma clientèle, pour Minuit, POL, Verdier... A partir de là quand le représentant vient, je lui dis: "voilà je défendrai tant de livres de cette maison, ni plus ni moins. On fait alors le choix ensemble mais le cadre est posé. Cela évite les dérapages. En retour, je m’engage à défendre ces titres et, comme je mets le paquet je négocie des conditions commerciales", relate-elle. 

Dans une autre table ronde dédiée à la surproduction, Sebastien Le Benoist (Quai des brumes à Strasbourg) a défendu une méthode basée sur l’annotation des bons de commandes. "J’inscris mon avis personnel sur chacun des livres. En relisant tous mes bons de commandes sur plusieurs années, je me suis aperçu que chaque fois que je ne sentais pas trop un livre mais que je le prenais sous la pression du représentant, je finissais par le retourner. Aujourd’hui, quand je ne le sens pas, j’en prends zéro et je refuse la quantité 1", raconte le libraire strasbourgeois.

"Il faut se dire qu’on est les clients des diffuseurs. On n’imagine pas qu’un libraire force un client à prendre trois livres s’il n’en veux qu’un. Il n’y a pas de raison qu’un libraire soit l’objet de pression pour acheter plus", a remarqué de son côté Damien Bouticourt (Maupetit à Marseille).


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