2019 en 12 thèmes : les librairies en lutte [12/12] | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 28.12.2019 à 14h00 bilan 2019

2019 en 12 thèmes : les librairies en lutte [12/12]

La librairie Ici à Paris. - Photo OLIVIER DION

Dans leur incessant combat contre les géants du commerce en ligne, les libraires ont redoublé d’efforts pour affirmer leur utilité et leur valeur en 2019.

"Nous devons viser l’excellence". Cet objectif, fixé par le président du Syndicat de la librairie française (SLF) Xavier Moni, résume les débats qui ont animé la communauté des libraires en 2019. Menacés par la toute-puissance des géants du commerce en ligne, les libraires ont accentué leurs efforts pour proposer à leurs clients des services et une offre de qualité.
 
Les cinquièmes Rencontres nationales de la librairie (RNL), organisées fin juin à Marseille par le SLF, ont permis aux commerçants d’échanger sur les bonnes pratiques et le futur de la librairie. Pressenti comme un rendez-vous crucial, l’événement a attiré plus de 1000 professionnels. Livres Hebdo s’est rendu sur place pour couvrir l’événement, riche en débats et en propositions.
 
Parmi les principaux sujets abordés, la question de l’impact des animations a monopolisé une bonne partie des discussions, nourries par une enquête dévoilée lors des RNL. Les libraires se sont également penchés sur le profil du client et sur les meilleurs moyens de le fidéliser. La vente d’occasion, la relation avec les diffuseurs ou encore la gestion des commandes ont également occupé les participants. Mais de loin le sujet le plus fédérateur fut la demande d’augmentation du taux de remise des distributeurs à 36%, enjeu clé de ces rencontres.
 
Quoique peu abordée aux RNL, plutôt centrées sur les enjeux commerciaux, la question de l’organisation et de la vie des librairies a piqué la curiosité de nos journalistes. Livres Hebdo s’est ainsi intéressé à l’utilité des associations d’amis des librairies, qui permettent de structurer, fédérer et pérenniser la mobilisation des clients, mais aussi à la tendance récente des créations de librairies coopératives, véritable phénomène citoyen. Enfin, notre dossier de juin levait le voile sur l’intervention de nombreux prestataires dans l’activité du libraire.

Amazon, l'ennemi numéro un

Comme les années précédentes, 2019 aura également été le théâtre de la guerre entre les petits commerçants et le géant du commerce Amazon. Les libraires ont gagné une bataille symbolique en début d’année, avec le retrait d’un casier de livraison situé en face de Quai des mots à Epinal. Mais, comme nous le notions dans notre dossier du dernier numéro de septembre, Amazon ne cesse d'étendre son emprise et menace d’écraser les marchands de livres indépendants. Au point que l’enseigne espère les remplacer en ouvrant de plus en plus de librairies dans le futur.
 
Les libraires le savent, la contre-offensive devra être qualitative, et non quantitative. D’où le besoin pressant d’une meilleure formation pour les apprentis. Un défi de taille qui passe par une hausse des standards professionnels pour les écoles et organismes de formation, confrontés aux nouvelles exigences des libraires.
 
Côté rachats, deux importantes opérations se sont déroulées en 2019. En France, Le Furet du Nord a fait l’acquisition de la chaine Decitre, tandis qu’à l’international, l’actionnaire de la chaine britannique Waterstones a pris le contrôle de l’américain Barnes & Noble. Conséquence : le patron de Waterstones, James Daunt, a pris la tête de sa nouvelle filiale américaine, se partageant ainsi entre Londres et New York. Dans sa première prise de parole dans ses nouvelles fonctions, le responsable a souhaité donner plus de contrôle et d’indépendance aux libraires.
 
La fin d’année a, quant à elle, été marquée par les grèves dans les transports. Si certains commerces parisiens semblent avoir été durement touchés, la plupart des établissements en régions ont été épargnés, voire notent une amélioration de leur chiffre d’affaires par rapport à la fin 2018, déjà chamboulée par le mouvement des "gilets jaunes". Des bilans plus complets de l’impact réel de ces mobilisations sont à attendre début 2020. GFK notait une baisse des ventes de 5 à 6% pour la seule semaine du 9 au 15 décembre.
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