Marché

Sur la centaine de millions d'euros d'investissements dans une vingtaine de créations françaises promis par Netflix, une partie profitera aux auteurs qui sont aussi scénaristes : Jérémie Guez, dont La Tengo publie les romans policiers (Paris la nuit, Balancé dans les cordes, Du vide plein les yeux) est ainsi le coscénariste de La Terre de sang, un film de Julien Leclerc annoncé pour cette année. Yann Le Gall et Virginie Brac, tous deux auteurs de BD, font partie de l'équipe de scénaristes de Mortel, série sur des adoslescents se découvrant des pouvoirs surnaturels. Netflix devient aussi une source de droits d'adaptation (Vampires, roman posthume et inachevé de Thierry Jonquet est annoncé en série) ou de diffusion : Frédéric Rosset, qui écrit aussi pour la BD, est également coscénariste de 10 pour cent, d'abord produite pour France 2 mais programmée sur Netflix.

« La directive européenne sur les Services de médias audiovisuels transposée dans la loi française prévoit que ces plateformes de vidéos à la demande [VOD] réservent 30 % de leur catalogue à des productions européennes. D'autre part, celles qui sont spécialisées dans la fiction devraient aussi consacrer 25 % du chiffre d'affaires à des productions nationales », explique Guillaume Prieur, directeur des affaires institutionnelles et européennes de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques).

Ce seuil de 25 % annoncé par le ministre de la Culture est un minimum, qui sera fixé par décret si les plateformes ne parviennent pas à s'entendre avec les représentants des filières de production. A 500 millions d'euros de recettes estimées en France pour Netflix, l'investissement atteindrait 125 millions d'euros dans cette nouvelle configuration. Amazon Prime Vidéo qui apparaît moins ambitieux pour le moment avec quatre productions seulement, sera aussi concernée, de même qu'OCS, Cinéseries ou encore myCanal. La SACD, qui a déjà signé des contrats de diffusion au nom de ses membres avec ces plateformes, ne précise pas le montant de ces nouveaux droits en diffusion.

Reste à trouver le moyen de faire connaître un projet auprès de ces plateformes, qui annoncent des règles strictes : Netflix n'examine que les propositions formulées « par le biais d'un agent littéraire agréé, ou d'un partenaire (producteur, avocat, manager, responsable divertissement) » avec lequel la plateforme a déjà établi des relations. Hervé Hugueny

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