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L'historien et sociologue de la littérature Alain Viala est décédé

Alain Viala - Photo BÉNÉDICT ROSCOT/SEUIL

L'historien et sociologue de la littérature Alain Viala est décédé

Passionné de théâtre et de littérature classique française, le professeur émérite est parti à l’âge de 73 ans.

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Par Pauline Gabinari,
Créé le 07.07.2021 à 17h35,
Mis à jour le 07.07.2021 à 18h00

On avait entendu sa voix enrouée pour la dernière fois en 2020 sur France Culture lors d’une conférence dédiée à l’amour : "Être amoureux est un état où on est en mouvement et où la question est de savoir ce que l’on fait de ce mouvement." Traversé par Phèdre, Le rouge et le noir ou encore La princesse de Clèves, dont il connaissait des extraits par cœur, Alain Viala est décédé le 30 juin dernier à l’âge de 73 ans.

Issu d’une famille démunie, ce professeur agrégé de lettres modernes a grandi sur les dernières marches des monts de Lacaune, en Aveyron. Rodez, Toulouse, Gif-sur-Yvette… Il monte progressivement vers la capitale tant que ses études le lui permettent, pour devenir professeur à la Sorbonne Nouvelle. À Paris, il se passionne pour la littérature classique française et pour le sociologue Pierre Bourdieu, dont il s’inspire pour mener à bien sa thèse La naissance des institutions de la vie littéraire en France (1643-1665).

Sociologie de la littérature

Pendant une grande partie de sa carrière, Alain Viala cherche à mettre en perspective sociologie et littérature. Il explore ces deux domaines dans Faire lire (Didier, 1979), Savoir-lire (Didier, 1982) ou encore dans Naissance de l’écrivain (Minuit, 1985), où il relie la pratique de l’écriture aux conditions sociales et politiques dans laquelle cette dernière est produite. En 1996, il va plus loin en fondant avec l’historien Christian Jouhaud le Groupe de recherches interdisciplinaires sur l’histoire du littéraire (Grihl) à l’EHESS-Paris-III. Il tire de ses recherches une philosophie de la pédagogie basée sur un rapport d’égalité qu’il applique directement avec ses élèves.

Son goût pour le théâtre lui fait rencontrer de grands noms comme Daniel Mesguich, avec qui il écrira Le théâtre (PUF, 2011), mais c’est au mouvement galant du XVIIIe qu’il consacre ses dernières années. Alors professeur à Oxford, Alain Viala se remet à l’écriture pour donner naissance à 400 pages d’études sur la galanterie, où il pointe notamment l’inégalité entre les hommes et les femmes avec La galanterie. Une mythologie française (Le Seuil, 2019).


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