L'homme accusé de viol par Edouard Louis renvoyé au tribunal pour agression sexuelle | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, le 28.01.2019 à 19h43 (mis à jour le 29.01.2019 à 10h34) Justice

L'homme accusé de viol par Edouard Louis renvoyé au tribunal pour agression sexuelle

Edouard Louis - Photo ARNAUD DELRUE/SEUIL

L'agresseur sexuel présumé de l'écrivain comparaîtra devant un tribunal correctionnel.

L'homme accusé de viol par Edouard Louis a été renvoyé en correctionnelle pour des faits requalifiés en "agression sexuelle", a appris l'AFP lundi de source proche du dossier. Le parquet avait demandé ce renvoi en octobre dernier. Le procès aura donc lieu devant un tribunal correctionnel, et non devant une cour d’assises.

Dans son deuxième ouvrage, Histoire de la violence (Seuil, janvier 2016), l'auteur avait fait le récit d'un viol subi à l'issue de sa rencontre, dans la rue, avec un jeune sans-papier algérien, la nuit de Noël 2012.

Côté judiciaire, l'enquête a établi que les deux hommes avaient eu des relations consenties au domicile parisien de l'écrivain, mais les choses avaient dégénéré quand Edouard Louis s'était aperçu de la disparition de sa tablette.

Il avait porté plainte le soir-même, affirmant avoir été étranglé avec une écharpe avant d'être violé.
Arrêté en janvier 2016, le suspect, Reda B., avait été mis en examen pour un viol avec arme qu'il a toujours contesté et pour vol. Il avait été remis en liberté onze mois plus tard sous contrôle judiciaire.

Ses dénégations n'ont pas convaincu la juge d'instruction. "Les déclarations d'Edouard Louis dénonçant" une relation sexuelle "imposée par violence, contrainte ou menace, sont corroborées tant par les témoignages" de ses proches "que par les constatations médicales", écrit la magistrate dans son ordonnance du 22 janvier dont a eu connaissance l'AFP.

Requalification des faits

Mais pour des raisons d'"opportunité" et pour "une bonne administration de la justice", elle ordonne de requalifier les faits en délit d'"agression sexuelle", conformément aux réquisitions du parquet de Paris. Cette pratique, courante dans ce genre d'affaires, est une alternative aux poursuites devant une cour d'assises.

Au cours de l'enquête, l'écrivain, figure de la gauche radicale et opposé à l'incarcération, avait refusé de se rendre à une confrontation souhaitée par le suspect et avait réclamé un non-lieu. Il s'était néanmoins constitué partie civile lors de l'arrestation du suspect et avait maintenu ses accusations face aux enquêteurs.

Estimant être identifiable dans le livre, paru fortuitement deux jours avant son interpellation, Reda B. avait assigné l'écrivain pour atteinte à la présomption d’innocence, sans succès.
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