La plainte contre Edouard Louis jugée irrecevable | Livres Hebdo

Par Marine Durand, avec AFP, le 15.04.2016 à 17h19 (mis à jour le 15.04.2016 à 18h00) Justice

La plainte contre Edouard Louis jugée irrecevable

Edouard Louis. - Photo OLIVIER DION

L'homme soupçonné d'être le violeur d'Edouard Louis et que ce dernier décrit dans Histoire de la violence (Seuil) avait assigné en référé l'auteur pour atteinte à la présomption d'innocence. Vendredi 15 avril, le Tribunal de grande instance de Paris a jugé sa demande irrecevable.

Le Tribunal de grande instance de Paris a rejeté, vendredi 15 avril, la plainte pour atteinte à la présomption d'innocence et atteinte à la vie privée déposée contre Edouard Louis par son violeur présumé. Les doutes sur l'identité de ce dernier ont amené le juge qui avait été saisi en référé, Alain Bourla, à juger la demande irrecevable, sans se prononcer sur le fond.

Selon l'AFP, le juge a indiqué que même si l'assignation avait été jugée recevable, le demandeur aurait certainement été débouté. Pour lui, l'homme n'est en effet pas "clairement identifiable" à la lecture du livre Histoire de la violence, paru au Seuil en janvier 2016 et dans lequel Édouard Louis décrit son viol et son agression par un inconnu qu'il avait invité chez lui.

Alain Bourla a également refusé de reconnaître le caractère abusif de la procédure intentée contre l'auteur et sa maison d'édition, comme le demandaient leurs avocats.

L'identité du plaignant au cœur de l'audience

Le plaignant, en détention provisoire depuis janvier et suspecté d'être "Reda", l'auteur de l'agression qu'Edouard Louis décrit dans son roman, a été confondu par son ADN mais nie les accusations de viol, qui font l'objet d'une autre procédure en cours. L'homme estimait que les détails dans le livre le rendaient reconnaissable par ses proches et réclamait une indemnité de 50000 euros ainsi que l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire déjà publié d'Histoire de la violence, indiquant que l'ouvrage porte atteinte à sa présomption d'innocence et à sa vie privée.

Mais à l'audience le 18 mars dernier, les questions d'identité ont occulté les débats sur le fond, le juge s'interrogeant sur l'état-civil du plaignant, non sans malmener ses avocats. L'homme s'était en effet d'abord présenté à la justice comme "Reda M.", né au Maroc. Ses avocats avaient ensuite produit un acte de naissance le désignant comme "Riadh B", né en Algérie. Et avaient affirmé qu'il s'agissait là de la vraie identité de leur client, expliquant que ce sans-papier n'avait pas voulu dans un premier temps la donner à la police.

Il dispose d'un délai de 15 jours pour faire appel.
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