Librairie

Entre deux boutiques de prêt-à-porter fermées pour cause de Covid, des snacks vivotant et des bijouteries tentant le click & collect, on ne se croirait pas dans une des rues les plus commerçantes du centre-ville de Lyon. Alors qu'elle se remet à peine de deux années terribles, entre gilets jaunes, travaux sur toute sa longueur pavée et crise sanitaire, la rue Victor-Hugo, qui relie la gare de Perrache à la place Bellecour, s'apprête à connaître une nouvelle lutte. Côté pop culture, cette fois. Profitant de fonds de commerce à l'abandon, l'enseigne parisienne Manga Story s'installe, au prix de travaux conséquents, dans deux locaux face à face, de 240 m2 et 140 m2. Et à environ 100 mètres des trois librairies Momie : BD, la toute nouvelle Kids, et surtout l'historique dédiée aux mangas.

Après son expansion dans la capitale (Geek Story ou Bandai Hobby Store) et dans un centre commercial à Bordeaux en octobre dernier, c'est donc le marché lyonnais que vise Patrick Carosella, fondateur de Manga Story en 2012. « C'était la ville plébiscitée lors d'un sondage sur le net auprès de nos communautés, devant Lille et Marseille, sourit celui qui est très attentif aux commentaires et notations sur les réseaux. J'ai visé la proximité de la place Bellecour, car c'est une zone de passage et que je voulais une grande surface. C'est une opportunité immobilière qui m'a amené rue Victor-Hugo, et pas la volonté de nuire à des concurrents déjà en place. »

La figurine au cœur du champ de bataille

Chez Momie, on fait grise mine devant cette implantation jugée « agressive », mais on se retrousse les manches. Car l'étroite librairie, agrandie en 2016, va aussi prendre ses aises en gagnant les 120 m2 d'une boutique fermée à côté. « Ces travaux étaient prévus avant l'arrivée de Manga Story, tient à préciser Mikaël Vitry, associé et responsable de la structure. Au total, nous doublons la surface de vente de mangas, et nous allouons davantage d'espace aux figurines. Mais nous conservons l'équilibre de 80 % du chiffre d'affaires sur le livre et 20 % sur les produits dérivés. »

Chez Manga Story, ce serait plutôt l'inverse, rassure Patrick Carosella. « Autour de 10 à 15 % avec le livre, car la plus grande des boutiques sera réservée aux accessoires de grandes licences de mangas, Disney, Harry Potter... Et dans la plus petite, on trouvera du manga, mais aussi des confiseries japonaises et des statuettes de collection. Le manga, on n'y est venu que récemment, car ça fait partie d'un tout. » La guerre pourrait donc se situer moins sur le livre que sur les figurines, Momie ayant une grosse longueur d'avance en mangas, notamment grâce à ses quatorze libraires officiant dans les trois boutiques. « La figurine est un domaine très concurrentiel, sans prix unique, avec des réseaux d'approvisionnement bien différents, rappelle Pedro Favier, associé et responsable de Momie mangas. Mais mangas, produits dérivés et dessins animés sont indissociables aujourd'hui, donc il faut qu'on en propose, nous aussi, à nos clients. » Première passe d'armes mi-juin, à l'ouverture des nouvelles boutiques de chacun des combattants.


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