Proclamation

Makenzy Orcel décroche le Goncourt version américaine

Makenzy Orcel © P Normand/Opale/Zulma

Makenzy Orcel décroche le Goncourt version américaine

Le jury, composé d'étudiants et présidé par Anne Berest, a tenu à saluer la « prose délicieuse et poétique » de l'écrivain haïtien dans Une somme humaine, paru en 2022 aux éditions Payot & Rivages. 

Par Léon Cattan
avec AFP Créé le 02.05.2023 à 16h48

L'écrivain haïtien Makenzy Orcel a reçu le 29 avril à New York, des mains de l'autrice française Anne Berest, le choix Goncourt dans sa version américaine pour Une somme humaine (Payot & Rivages, 2022), récompense attribuée par des étudiants francophones d'universités des États-Unis. Pour sa seconde édition américaine, l'académie Goncourt a dévoilé le lauréat lors d'une cérémonie à Manhattan, à la Villa Albertine de l'ambassade de France. Lauréate en 2022, Anne Berest présidait la cérémonie entourée d'étudiantes et étudiants de huit universités (Columbia, Duke, Harvard, MIT, New York University, Princeton, University of Virginia et Yale).

Ces jeunes bilingues – des femmes pour l'essentiel américaines, françaises et d'autres nationalités – ont étudié pendant des mois en français six livres de la sélection du Goncourt 2022, remporté en novembre par la Française Brigitte Giraud avec Vivre vite (Flammarion). Le jury a donc attribué son Goncourt dans une déclinaison américaine au roman de Makenzy Orcel, qui fait parler d'outre-tombe sur 600 pages, dans une langue foisonnante et ininterrompue, une femme habitée par la poésie et la violence. 

Lire : Le Goncourt, cette franchise qui s'exporte

Le jury estudiantin « unanime » a salué « une prose si délicieuse et poétique [...] un magnifique travail littéraire [...] une pure fiction qui parle d'universalisme », et a comparé le roman d'Orcel aux œuvres des Américains William Faulkner et Toni Morrison« Cela montre que la fiction peut être le meilleur moyen de toucher à la vérité », s'est réjouie Arielle Stern, de l'université Duke en Caroline du Nord. De son côté, Anne Berest, dont le roman familial sur la Shoah La Carte postale (Grasset, 2021) sort traduit aux États-Unis en mai chez Europa Éditions, s'est dite « convaincue que la littérature est une porte d'entrée pour comprendre l'Histoire ».

« Je n'écris pas pour les prix, pas pour la reconnaissance, j'écris parce que c'est important ; car la littérature est une invitation à regarder le monde autrement, à l'aborder autrement, à donner à voir les soubassements du monde », a lancé l'écrivain né en 1983 à Port-au-Prince, déjà récompensé en France et dont le premier roman Les Immortelles (Zulma, 2012) avait été remarqué pour la profusion de son écriture.

Les dernières
actualités