Entretien

Marc Lolivier (Fevad) : “Internet n’est pas du tout destiné à remplacer les magasins”

Marc Lolivier (Fevad) : “Internet n’est pas du tout destiné à remplacer les magasins”

Marc Lolivier

Marc Lolivier (Fevad) : “Internet n’est pas du tout destiné à remplacer les magasins”

Avec la fermeture des librairies et des rayons de produits “non essentiels”, le e-commerce devient l’unique moyen pour celui qui souhaite acheter un livre. Interview de Marc Lolivier, directeur général de la Fevad, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance.

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Par Pauline Gabinari,
Créé le 04.11.2020 à 21h18

Un premier état des ventes est déjà possible pour ce second confinement ? 
Il est un peu trop tôt pour faire un bilan de la situation mais on s’attend évidemment à une forte hausse des ventes de produits par internet via les grandes enseignes mais aussi via les petites librairies qui ont pris de nombreuses initiatives en se fédérant ou en ayant leur propre site. Par ailleurs, certaines choses ont changé pour ce second confinement. Les rayons dits "de produits non essentiels" ont fermé et le décalage juridique qui existait entre l’autorisation du click & collect et l’absence de ce motif sur les autorisations a été corrigé. 

Et du premier confinement, quel bilan en tirez-vous ? 
On a observé sur le premier confinement une hausse globale des ventes de produits via le e-commerce de 40%. Internet a joué un rôle d’amortisseur pour beaucoup de magasins. Il y a eu un boum des ventes des produits techniques et culturels. Pour les livres, nous avons remarqué une hausse car le livre faisait parti de ces biens dont les gens ont eu besoin. Je pense d’ailleurs que c’est une bonne chose car c’est important d’avoir les moyens de s’évader.

Peut-on, dans ces cas là, dire que le bilan est positif pour la Fevad ? 
On ne peut pas dire ça, car la moitié de nos adhérents sont des enseignes de magasins et nous espérons qu’ils pourront réouvrir au plus vite. Internet n’est pas du tout destiné à remplacer les magasins. On a trop tendance à les opposer alors qu’il y a une vrai complémentarité entre eux. Toutefois, il n’y a que 30% des petits commerces qui peuvent vendre en ligne et je pense que c’est important de pouvoir équiper tous les autres, notamment toutes les librairies. 

Quelles sont les initiatives que la Fevad a lancé pour soutenir les petits commerces ?
Cette semaine nous avons réactivé une page déjà mise en place durant le premier confinement. Elle s’appelle #Ecommerce4Good et regroupe des gestes de solidarité. On y retrouve des offres préférentielles en faveur des commerces de proximité. Concrètement, nos adhérents proposent sur cette page des frais d’abonnement gratuits et des commissions à taux réduits. Il y a même certaines places de marchés qui offrent la présence sur leurs plateformes pendant plusieurs mois. Dans un second temps, la Fevad participe, avec France numérique, à l’appel d’offre lancé par le gouvernement pour trouver des solutions de e-commerce destinées aux petits commerçants.

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