Édition indépendante

Pour un autre commerce du livre

Pour un autre commerce du livre

Alice d'Andigné (Stock) Benoît Virot (Le Nouvel Attila) Maud Simonnot (La Blanche Gallimard) et Louis Chevaillier (Phébus) - Rencontre éditeurs - Rencontre éditeurs - Photo Olivier Dion

Pour un autre commerce du livre

De tribunes collectives en propositions concrètes, des éditeurs indépendants se mobilisent pour le renouveau de la commercialisation du livre.

J’achète l’article 1.5 €

Par Marine Durand,
Créé le 21.09.2020 à 17h45

Il a été le premier à livrer son « Journal du confinement » sur le site livreshebdo.fr, le 18 mars. Le premier aussi à détailler, sur un blog hébergé par Mediapart (« Pas plus la crise que d'habitude », par le collectif Édition année zéro, 6 avril), ses propositions pour ne pas reprendre « comme si de rien n'était » après la crise. Benoît Virot, fondateur des éditions Le Nouvel Attila, n'a pas chômé pendant le confinement. « Je pense depuis longtemps qu'il faut remettre en question le roulement de la chaîne, et j'ai reçu beaucoup de messages de soutien de libraires qui pensent la même chose. » Entre une tribune dans L'Humanité (« Nous sommes en crise », signée par le collectif Édition indépendante, 29 avril), une deuxième également parue sur Mediapart (« Ce qui dépend de nous », par des « éditeurs indépendants à leur public », 8 mai) et une troisième dans Le Monde (« Cette crise sanitaire peut et doit permettre une remise à plat du fonctionnement de la chaîne du livre », 14 mai), réunissant pour la première fois depuis 1977 des libraires et des éditeurs sous un même texte, la période a été propice aux revendications.

Alice d'Andigné (Stock) Benoît Virot (Le Nouvel Attila) Maud Simonnot (La Blanche Gallimard) et Louis Chevaillier (Phébus) - Rencontre éditeurs - Rencontre éditeurs- Photo OLIVIER DION - ©OLIVIER DION - OLIVIER DION

« Tous les gens de la filière ont été amenés à se poser et à réfléchir, notamment à la surproduction, observe Serge Ewenczyk, fondateur de la maison de bande dessinée Çà et là, qui a pu compter sur un prêt garanti par l'État et sur la réactivité du CNL pour pallier l'urgence du manque de trésorerie. « J'ai décalé beaucoup de titres à 2021, donc je n'ai jamais été aussi en avance sur les programmes, et c'est très agréable. »

Se structurer pour peser

Qu'il s'agisse de défendre des « offices réservés au fonds », le « ralentissement de la course à la nouveauté », une réflexion sur « le système des retours et des mises en place », des « États généraux francophones de l'édition indépendante », la « fin de la logique de l'office » ou un « service public de distribution du livre », pour ne citer que quelques propositions ayant émergé, ces indépendants veulent un autre système. Et ils comptent bien peser dans les négociations à venir. « Le chantier sur lequel nous travaillons, c'est une autre structure, qui ne serait pas opposée au SNE mais complémentaire, qui représenterait mieux nos métiers plus proches de l'artisanat que de l'industrie, et qui intégrerait aussi les freelance, les impensés de la filière, explique Chloé Pathé, directrice éditoriale d'Anamosa. « On va s'appuyer sur la loi Lang, et voir comment l'adapter au monde du livre tel qu'il est aujourd'hui », ajoute l'une des instigatrices du texte dans L'Humanité, pariant sur la naissance du nouveau syndicat dans les mois à venir. En parallèle, le collectif Édition indépendante travaille sur la mise en place progressive d'une plateforme ouverte, destinée à collecter les idées des uns et des autres. Sans oublier de faire un peu de pédagogie à l'égard du grand public, puisqu'un autre chantier de rentrée consiste à diffuser un fascicule de quatre pages « pour que les lecteurs comprennent comment fonctionne notre filière », précise Benoît Virot.

Les dernières
actualités