Proclamation

Mia Couto, lauréat du prix Jan Michalski 2020

Mia Couto - Photo FRONTEIRAS DO PENSAMENTO - CC BY-SA 2.0

Mia Couto, lauréat du prix Jan Michalski 2020

L'écrivain mozambicain a été distingué pour sa trilogie, Les sables de l'empereur, parue chez Métailié.

Par Isabel Contreras,
Créé le 09.12.2020 à 09h00,
Mis à jour le 09.12.2020 à 09h00

Le jury du prix Jan Michalski 2020 a récompensé, mercredi 9 décembre, le Mozambicain Mia Couto pour sa trilogie As areias do imperador (Editorial Caminho, 2015-2017), traduite du portugais au français par Elisabeth Monteiro Rodrigues, sous le titre Les sables de l’empereur (Métailié, 2020). Le lauréat a reçu 50000 francs suisses (45687 euros) et "une œuvre d'art spécialement choisie ou commandée à son intention".

Dans les trois parties des Sables de l'empereur (Femmes de cendre, L’épée et la sagaie et Le buveur d’horizons), l'écrivain présente Imani Nsambe, une jeune Mozambicaine éduquée par des missionnaires portugais, et celui pour qui elle doit travailler en tant qu’interprète et à qui elle sera liée par un amour impossible, le sergent Germano de Melo. A travers ses personnages, Mia Couto nous plonge dans le Mozambique de la fin du XIXe siècle, alors ravagé par les guerres qui opposent clans et colons.

Sans manichéisme
 
Le jury a reconnu "l’exceptionnelle qualité de l’écriture, mêlant subtilement oralité et narration, lettres, récits, fables, rêves et croyances, au cœur d’une réalité historique, le Mozambique à la fin du XIXe siècle aux prises avec la colonisation portugaise. Sans aucun manichéisme, l’auteur excelle à camper avec empathie des protagonistes confrontés à l’inhumanité de la guerre en leur offrant un souffle épique porté par la riche nature africaine."
 
Traduits dans plus de trente langues, les textes de Mia Couto ont reçu de nombreuses récompenses, dont le Prix Camões 2013 et le Prix Neustadt 2014 pour l’ensemble de son œuvre. Né en 1955, il est aujourd’hui considéré, tant par la critique que par ses pairs, comme l’un des écrivains africains les plus importants et l’une des voix lusophones les plus marquantes.

Le lauréat l’a emporté face aux deux autres finalistes : Philippe Sands (Retour à Lemberg, traduit par Astrid von Busekist, Albin Michel, 2017) et Fran Ross (Oreo, traduit par Séverine Weiss, Post-éditions, 2014). Il succède à Zeruya Shalev qui avait reçu cette récompense littéraire pour La douleur, paru en 2017 chez Gallimard, traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz.

Présidé par Vera Michalski, le jury réunit Jul, Benoît Duteurtre, Alicia Giménez Bartlett, Siri Hustvedt, Carsten Jesten, Andreï Kourkov et Tomasz Rozycki.

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités