Disparition

Le célèbre écrivain égyptien Gamal Ghitany, auteur d'une œuvre prolifique et disciple du prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz, est mort dimanche 18 octobre à l'âge de 70 ans après un long combat avec la maladie, a annoncé son épouse. Gamal Ghitany était dans le coma depuis plus de trois mois après avoir été hospitalisé au Caire pour des problèmes respiratoires.

Dessinateur de tapis et reporter de guerre

Né en 1945 au sein d'une famille pauvre dans un village du sud de l'Egypte, Gamal Ghitany, a passé son enfance dans le quartier historique du vieux Caire islamique. Dessinateur de tapis à l'âge de 17 ans, il se lance dans une carrière littéraire, encouragé par le maître du roman arabe moderne Naguib Mahfouz, qui le prend sous son aile.

Parallèlement, il poursuit une carrière dans le journalisme. Reporter de guerre, il couvre la guerre israélo-arabe de 1973 depuis le front. En 1993, il prend la tête de la naissante revue littéraire Akhbar al-Adab, qui sous sa direction jusqu'en 2011, deviendra l'une des plus prestigieuses du pays.

Ecrivain engagé

Emprisonné durant quelques mois sous la présidence de Gamal Abdel Nasser entre 1966 et 1967, il écrira par la suite son roman le plus célèbre, Zayni Barakat, publié au Seuil en 2004, qui livre une critique virulente de l'autoritarisme du régime nassérien. Une autre de ses œuvres, Le livre des illuminations est décrite comme une "autobiographie poignante”, un "conte polyphonique explorant les méandres de l'âme égyptienne” par l’éditeur français qui le publie en 2005.

Ecrivain prolifique et primé

En février 2014, le Seuil a publié Sémaphores, essai à l'image de l'ensemble de l'œuvre de Gamal Ghitany qui explore avec chaleur et humour les méandres de l'âme égyptienne, prise entre la richesse de son passé et les agressions de la modernité. Traduit de l'arabe (Egypte) par Emmanuel Varlet, l'auteur y inscrit les cheminements de la mémoire dans des cadres concrets et matériels. Il y est par exemple question de trains, de gares, de quais ou d'aiguillages, qui sont autant de prétextes pour traquer et reconstituer sans cesse le récit des origines et de la fin de la mémoire. Ce livre est une série de réflexions sur l'identité, l'origine, la finitude, et l'effacement.

Nommé en 1987 chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres par la France, Gamal Ghitany est l'auteur d'une œuvre prolifique, traduite en plusieurs langues, notamment en français (Seuil, même si quelques titres sont chez Actes Sud), anglais et allemand.

En 2015, il fut lauréat du prix du Nil pour la littérature, la plus importante récompense littéraire décernée par le gouvernement égyptien.

Le Seuil publiera en février le dernier ouvrage de Gamal Ghitany

"La disparition de Gamal Ghitany nous peine infiniment. Nous préparions avec lui sa venue à Paris pour la parution de son nouveau livre, Par-delà les fenêtres, programmé pour février 2016", a annoncé Le Seuil dans un communiqué envoyé lundi 19 octobre au soir. Ce nouveau Carnet à paraître le 4 février dans une traduction d'Emmanuel Varlet, s'inscrit dans la continuité de Sémaphores, et on y retrouve un certain nombre des thèmes et questionnements chers à l’auteur, ainsi que le même attachement aux lieux, ceux de l’Égypte et du vaste monde. Mais il dessine aussi une sorte de phénoménologie de la perception : l’enfance, le Caire, mais aussi le désir, l’effroi, le voyage, et, plus rare chez Gamal Ghitany, la peinture moderne.


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