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Olivier Babel (LIVRESUISSE) : "Beaucoup d’éditeurs mettront plus de deux ans à se remettre de leurs pertes"

Olivier Babel - Photo RTS

Olivier Babel (LIVRESUISSE) : "Beaucoup d’éditeurs mettront plus de deux ans à se remettre de leurs pertes"

Entre exportations compromises et primauté d’Amazon, l’année 2020 a été tendue pour le monde du livre suisse. Olivier Babel, secrétaire général de LIVRESUISSE revient sur cette année périlleuse. 

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Par Pauline Gabinari,
Créé le 11.03.2021 à 20h10,
Mis à jour le 11.03.2021 à 21h00

Olivier Babel, secrétaire général de LIVRESUISSE, l’association suisse des diffuseurs, libraires et éditeurs, dresse le bilan d’une année chargée d’obstacles, mais aussi de bonnes surprises pour le monde du livre helvétique.
 
En Suisse, comment le monde du livre a-t-il vécu l’année 2020 ? 
Globalement nous l’avons vécu comme les français et les belges ! Le premier confinement a créé un vent de panique chez les libraires et les éditeurs. Ces deux mois ont été vécus comme une véritable catastrophe mais finalement les lecteurs ont été au rendez-vous et les pertes n’ont pas été si importantes pour les libraires. 

Une situation similaire pour les éditeurs suisses ?
Pour les éditeurs, la situation a été complètement différente. Beaucoup d’éditeurs mettront plus de deux ans à se remettre de leurs pertes. Il y a des maisons qui ont licencié et une qui va définitivement fermer sous peu. 

Comment expliquez-vous cette différence ? 
Dans l’édition suisse, une grande part du marché dépend de l’international. Pour certains, ces ventes comptent à hauteur de 80% de leur chiffre d’affaire. Quand les librairies françaises et belges ont fermé, les éditeurs suisses ont simplement vu leurs revenus s’arrêter.  

Pendant le confinement, LIVRESUISSE avait également alerté les consommateurs contre le monopole d’Amazon. Quelle présence la plate-forme d’achat en ligne a en Suisse ? 
Les livres vendus en librairie romande sont, pour 80%, importés de France. Afin de couvrir les nombreux frais d’exportation, une majoration est appliquée sur les prix haussant leurs tarifs de 40 à 45 %. Amazon n’a pas cette contrainte, ce qui attire de nombreux lecteurs. La Covid et les restrictions sanitaires n'ont fait que renforcer leur avantage. 

Des aides ont été mises en place dans le pays pour aider les commerçants, qu’en a-t-il été des libraires et des éditeurs ?
Au mois de mai, la confédération a publié une ordonnance où elle présentait un plan de soutien. A cette époque, nous y avions vivement réagit car le document excluait nommément les libraires et les éditeurs. Malgré nos actions auprès des pouvoirs publics, rien n’a changé. Nous avons donc réfléchi à un projet de relance qui puisse sortir du cadre d’application de cette ordonnance et qui nous permettrait de solliciter autrement l’appui des pouvoirs publics. 

Des projets concrets sont-ils nés de cet élan ?
Oui, nous sommes en train de créer le LIBER. Ce sont des coupons papiers permettant l’achat de livres exclusivement. L’objectif est qu’un LIBER soit valorisé de plus de 40 %. Par exemple, quelqu’un qui achèterait un LIBER 30 francs suisses serait en possession d’un bon en valant 50. 

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