Du 18 février au 30 avril, l’exposition temporaire « Manger et être mangé – le grand festin des histoires » investira le Centre pénitentiaire sud-francilien (77). Imaginée conjointement par La Petite Bibliothèque Ronde et le Fonds patrimonial jeunesse Heure Joyeuse, l’exposition est le fruit d’un travail mené avec 11 hommes et femmes détenus au sein de l’établissement. L’objectif ? Faire dialoguer littérature jeunesse et communauté pénitentiaire, et réaffirmer l’importance de l’accès à la culture comme facteur de médiation et de réinsertion.
« Le livre jeunesse doit trouver sa place dans les bibliothèques pénitentiaires […]. Cela peut faciliter la fréquentation des lieux de lecture publique par des personnes qui sont souvent éloignées du livre ou qui ne s’estiment pas légitimes pour franchir les portes d’équipements culturels », peut-on lire dans un communiqué.
Une exposition conçue par des personnes détenues
Le parcours s’appuie principalement sur des œuvres de littérature jeunesse issues du Fonds patrimonial jeunesse Heure Joyeuse, rattaché à la médiathèque Françoise Sagan, ainsi que sur des pièces tirées de collections privées. Albums, illustrations et récits permettent ainsi d’explorer la « relation complexe et fascinante entre mangeur et mangé », trope qui traverse l’imaginaire enfantin depuis toujours.
Pensée comme un outil de médiation culturelle, l’exposition a été conçue lors de séances hebdomadaires, débutées en janvier 2025, et qui ont placé les personnes détenues en commissaires d’exposition. Leur travail a été encadré par Vincent Gille, conservateur du patrimoine impliqué dans trois précédentes expositions organisées au sein de l’établissement, et par Hélène Valotteau, conservatrice des bibliothèques et responsable du Fonds patrimonial jeunesse Heure Joyeuse.
Les commissaires ont notamment choisi le thème principal de l’exposition, sélectionné les œuvres et rédigé les textes d’accompagnement. Pendant toute la durée de l’exposition, personnes détenues, personnels et partenaires de l’administration pénitentiaire pourront la visiter, accompagnés de ces commissaires d’exposition, dans une démarche de partage et de dialogue autour des œuvres.
Constitution d'un fonds jeunesse
Une manifestation qui profite à l’ensemble de l’établissement et aux personnes qui le composent, puisque, durant la préparation, un fonds jeunesse a été constitué et mis à disposition dans différents espaces. D’autres personnes détenues ont participé, en coulisses, à la réalisation technique de l’exposition. Des ateliers de création avec les artistes Joëlle Jolivet et Bastien Contraire ont également été organisés, tandis que des vidéos présentant des ouvrages de référence seront rendues disponibles sur le canal vidéo interne du centre.
À travers ce projet, les porteurs et soutiens de l’exposition, parmi lesquels la Petite bibliothèque ronde, Bibliocité, la médiathèque Françoise Sagan, le Centre national du livre (CNL), la fondation Clarence Westbury, la Fondation Douaud, ainsi que le CFC, ont tenu à réaffirmer le potentiel de la création et du patrimoine jeunesse comme vecteurs d’échange, de réflexion et d’accès à la culture. Y compris dans des contextes contraints.
