Festival emblématique des cultures de l’imaginaire en Belgique depuis 2005, Trolls & Légendes, organisé à Mons, se retrouve au cœur d’une polémique après le dévoilement de son affiche 2026, représentant une femme à moitié nue.
Le visuel met en scène Hellaynnea, une succube (démon femelle) issue de la bande dessinée Les Chroniques de la Lune Noire de François Marcela-Froideval (scénario), illustrée ici par Olivier Ledroit et parue chez Dargaud. Si certains y voient une image fidèle aux codes de la dark fantasy, d’autres dénoncent une sexualisation du corps féminin, jugée problématique pour un événement s’adressant à un public large, familles comprises.
Très critiquée sur les réseaux sociaux, l’affiche a été retirée temporairement avant d’être remise en ligne, le temps pour l’organisation d’argumenter son choix de la maintenir pour l’édition 2026, prévue les 3, 4 et 5 avril prochains.
La position du festival
Dans un communiqué détaillé publié sur le site du festival, l’organisation affirme que l’affiche s’inscrit dans l’imaginaire fantasy/dark fantasy qui constitue l’ADN de Trolls & Légendes et qu’elle n’a pas été choisie « “pour provoquer” ou “pour faire le buzz” ». Le visuel est également présenté comme un hommage à François Marcela-Froideval, décédé en juin 2025, co-créateur et scénariste des Chroniques de la Lune Noire.
Le festival souligne la « liberté de création » de l’illustrateur, tout en reconnaissant que certains publics peuvent percevoir le visuel comme « problématique ». Il affirme entendre les critiques, mais « refuse les campagnes de pression » et confirme qu’il ne changera pas l’affiche, tout en rappelant son engagement pour un cadre respectueux et une tolérance zéro face au harcèlement.
Sur LinkedIn, l’autrice Anne-Sophie Devriese a annoncé qu’elle n’irait pas au festival cette année, malgré sa collaboration avec les Éditions ActuSF.
L’autrice de Biotanistes (ActuSF) dénonce des prises de position de l'auteur qu’elle juge « insultantes », ainsi qu’un communiqué du festival qu’elle estime décevant. Qualifiant son boycott de geste « symbolique », elle encourage à utiliser ce genre de « symboles et ces valeurs pour défendre ce qui semble juste » : « Not in my name », conclut-elle.
Sous son post, certains expriment leur confusion en commentaires, déplorant une affiche en rupture complète avec celles des années précédentes. Un troll en 2025, une fée en 2024 ou encore un dragon en 2023, le festival affichait en effet jusqu’à présent une esthétique prêtant moins à controverse.
