Il a consacré 25 ans de sa vie au monde du livre. Ancien président et membre cofondateur de la Générale Librest, créateur des librairies parisiennes Le Comptoir des mots et le Comptoir des lettres, Renny Aupetit souhaite désormais se tourner vers de nouveaux horizons. Directeur depuis avril 2025 du restaurant l’Azinat à Seix, en Ariège, le professionnel entend désormais transmettre la librairie le Comptoir des lettres, qu’il a fondée en 2015 dans le Ve arrondissement de Paris.
Après la cession en 2024 de la librairie le Comptoir des mots, située dans le XXe arrondissement de Paris, Renny Aupetit met donc en vente le Comptoir des lettres. L’équipe de celle-ci a été réorganisée en 2025 et se compose désormais de deux libraires salariés. « Aujourd’hui, la libraire est parfaitement en ordre de marche. Elle est rentable, saine et elle fait partie du réseau Librest qui permet à des librairies de petite taille d’avoir un stock disponible en moins de 24 heures », précise l’actuel propriétaire.
Une librairie membre du réseau Librest
Constitué de 11 librairies de l’Est parisien, le réseau Librest revendique plus de 350 000 titres en stock mutualisé. Une navette fait escale deux fois par jour dans chaque enseigne pour les ravitailler. « C’est aussi rapide, voire plus qu’Amazon, assure Renny Aupetit. Si un client commande un titre le matin, il peut venir le récupérer à la librairie à la fin de journée. »
D’une surface de 90 m² et accueillant près de 7 000 références, la librairie offre, selon son fondateur, une configuration « idéale » pour un repreneur souhaitant « se l’approprier, lui donner son impulsion et son énergie. » Sur le plan financier, la librairie a d’ailleurs renouvelé son bail pour neuf ans en 2024 et a réalisé un chiffre d’affaires de 500 000 euros en 2025. Elle dispose également du label LiR (Librairie indépendante de référence).
Habitué à transmettre ses projets - il a déjà cédé Le Comptoir des mots à deux de ses salariés -, Renny Aupetit confie se montrer toutefois attentif au profil du futur acquéreur. « Quand on vend une librairie qui fonctionne, on veut tout de même s’assurer que les projets de reprise s’inscrivent dans la continuité de ce qui a été fait », indique-t-il, tout en reconnaissant que certains facteurs peuvent échapper à tout contrôle, faisant ainsi écho à la cession, trois ans plus tôt, de la Générale Librest au groupe Nosoli, aujourd’hui en redressement judiciaire.
Une cession d'ici la fin de l'année ?
Sans entrer dans les détails, Renny Aupetit assure également qu’à ce jour, plusieurs acteurs ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour l’enseigne dont il se sépare. « Je pense que le bon calendrier serait d’arriver à une cession d’ici la fin de l’année, après Noël par exemple », espère celui qui fût également membre du conseil d’administration du Syndicat de la librairie française (SLF), de la Clil, ainsi que vice-président de l’École de la librairie.
« J’ai toujours été impliqué dans la vie interprofessionnelle du monde et du livre. Je suis donc attaché au fait qu’une librairie soit rentable. À ce titre, mes librairies ont toujours eu une bonne rotation et un taux de retour très faible. Elles ont donc toujours été bénéficiaires », poursuit-il.
L’actuel patron argue également que, malgré un contexte difficile, les librairies parisiennes restent « moins exposées » que celles situées en province, et insiste sur la réputation, l’ancrage local et la maîtrise des outils numériques dont bénéficie Le Comptoir des lettres.
