6 janvier > Album jeunesse France

Vêtu de son drôle de pantalon vert zébré, Anton est planté au beau milieu de son champ de pastèques parfaitement alignées. Tout pourrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf qu’il manque à Anton la pastèque qu’on lui a volée. On connaît l’adage, un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Dès lors, nuit et jour notre homme ne pense plus qu’à celle qui manque. La cucur-bitacée volée surpasse à ses yeux les autres et se pare de toutes les qualités : elle est plus grosse, plus juteuse, plus pulpeuse. La nuit, Anton rêve que les souris l’ont grignotée car elles avaient la pépie ou que simplement c’est lui qui l’a mangée, mais le jour suivant ne diminue pas son chagrin. Plus qu’une solution : dormir pour oublier… Quand l’homme n’est pas là, les chats dansent, c’est bien connu ! Toute la nuit les matous font la java dans le champ transformé en piste de bowling… Le lendemain, Anton doit se frotter les yeux pour croire ce qu’il voit. La mauvaise nouvelle en cache une bonne : certes la plantation est cul par-dessus tête mais au moins, dans un tel charivari, il ne manque plus aucune pastèque !

Cette jolie allégorie sur le manque et le désir, sur le malheur et le bonheur a été imaginée par la créative Corinne Lovera Vitali. Quant à l’illustration de Marion Duval, elle est solaire, tant par le coup de crayon rigolo que par les teintes lumineuses, des orangés, des jaunes et des verts qui font songer à un village mexicain à l’heure de la sieste. La rétine raffole des pages sur les chats noceurs qui envoient valdinguer les pastèques ou sur le fruit manquant énorme, rose et charnu à souhait. Fabienne Jacob

27.11 2015

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