A Pékin, Français et Chinois comparent les évolutions de la littérature dans les deux pays

A la Foire du livre de Pékin ©Fabrice Piault/LH

A Pékin, Français et Chinois comparent les évolutions de la littérature dans les deux pays

Près de 40 éditeurs et traducteurs des deux pays ont confronté, à la veille de la Foire du livre de Pékin, les problématiques de l'édition littéraire en France et en Chine.

Par Fabrice Piault ,
avec fp, à Pékin Créé le 15.04.2015 à 21h52

A la veille de l'ouverture de la 17e Foire internationale du livre de Pékin, organisée du 30 août au 3 septembre, près de 40 éditeurs et traducteurs français et chinois ont participé au séminaire organisé samedi 28 août au Centre culturel français par l'ambassade de France avec le Bureau international de l'édition française (Bief) pour comparer les évolutions de la création et de l'édition littéraires dans les deux pays.

Dressant un panorama du secteur littéraire en France, Paul Otchakovsky-Laurens (P.O.L) en a souligné la position prééminente au sein de l'édition et expliqué les particularités du système du droit d'auteur et le régime du prix unique du livre, tandis qu'Amélie Louat (Zulma) présentait les principaux éditeurs de littérature et la position spécifique des petites maisons.

Pour sa part, évoquant l'état des échanges entre les deux pays, Marleen Seegers (Stock) a souligné que la Chine était devenue en 2009, derrière le monde hispanophone, le deuxième acheteur de droits français, particulièrement en jeunesse, mais aussi en bande dessinée et en sciences humaines. Présentant sa nouvelle agence, Dakai Agency, représentant des catalogues français en Chine continentale et à Taiwan, Solène Domigneux s'est réjouie de voir « de plus en plus d'éditeurs parlant français dans les maisons d'édition chinoises ».


Baisse de la qualité des traductions

Côté chinois, tandis que Han Jingqun (Beijing October Arts & Literature Publishing House) notait qu'un nombre croissant de groupes chinois se diversifiaient vers la littérature, Chen Tong (Libreria Borges) soulignait le rôle majeur des « ateliers culturels » privés pour le développement de l'édition littéraire, et Zhao Wuping (Shangai Translation Publishing House) la pression pour la « best-sellerisation » dans les grandes maisons.

Revenant sur l'histoire de la traduction des oeuvres françaises en Chine, Jiang Lei (Yilin Press) s'est inquiétée d'une « baisse de la qualité des traductions », un thème également abordé par Yu Zhongxian, le plus renommé des traducteurs actuels du français, qui a appelé les maisons chinoises à améliorer la rémunération des traducteurs. Des statistiques présentées par Wang Jun (Institut gouvernemental de recherche de l'édition) ont fait ressortir que seuls 3 % des livres traduits en Chine relevaient de la langue française.

Alors que le numérique est en plein essor sur le marché chinois, c'est cependant la présentation par Meng Bo (Sina.com) de l'activité de son entreprise de distribution de livres numériques et de cyber-édition qui a suscité le plus de questions dans la salle. Une effervescence qui a permis au directeur général du Bief, Jean-Guy Boin, de noter la poursuite des « mutations très importantes dans l'édition chinoise », tout en se félicitant de l'intérêt que cette dernière porte à l'édition française.

15.04 2015

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