Conflit israélo-palestinien

Pour Amos Oz, l'offensive israélienne à Gaza est "justifiée, mais excessive"

Né à Jérusalem en 1939, l'écrivain Amos Oz a 75 ans. - Photo WIKIMEDIA COMMONS

Pour Amos Oz, l'offensive israélienne à Gaza est "justifiée, mais excessive"

L’écrivain israélien Amos Oz s’est exprimé sur l’intervention israélienne dans la bande de Gaza. Jugeant cette opération "justifiée, mais excessive", il prône une solution à deux États pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien.

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Par Souen Léger,
avec Deutsche Welle,
Créé le 01.08.2014 à 17h46,
Mis à jour le 01.08.2014 à 18h00

Dans une interview publiée sur le site allemand de la Deutsche Welle et datée du 30 juillet, le célèbre écrivain israélien Amos Oz a commenté l’offensive israélienne débutée le 8 juillet dans la bande de Gaza, se déclarant favorable à une réponse militaire "limitée""Il faut détruire les tunnels, d'où qu'ils viennent, et essayer de ne frapper que le Hamas", estime-t-il, en ajoutant qu’à certains égards l’action militaire israélienne est "justifiée, mais excessive".
 
Deux États distincts pour la paix
 
S’agissant des pertes civiles, liées selon certains à l’emplacement des positions du Hamas dans des zones résidentielles, l’auteur juge qu’il s’agit d’une stratégie du Hamas : "Pour Israël, c’est une situation "perdant-perdant". Plus il y a de pertes israéliennes, mieux c’est pour le Hamas. Plus il y a de victimes civiles palestiniennes, mieux c'est pour le Hamas".
 
Fervent partisan de la solution d’un double État pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Amos Oz réaffirme ses convictions. "Ma suggestion est d'approcher Abu Mazen [nom de guerre du président palestinien Mahmoud Abbas] et d’accepter les termes - que le monde entier connaît – d’une solution à deux Etats et d’une coexistence entre Israël et la Cisjordanie : deux capitales à Jérusalem, une modification territoriale opérée d'un commun accord, la suppression de la plupart des colonies juives de Cisjordanie", énumère-t-il.
 
Répondre à l’agression par la force
 
Selon lui, les hostilités ne cesseront que lorsque l’une ou bien les deux parties seront épuisées. "Ce matin, j'ai lu très attentivement la charte du Hamas. Elle dit que le Prophète ordonne à tout musulman de tuer tous les Juifs partout dans le monde. Donc je vois mal comment Israël et le Hamas pourraient trouver un compromis", explique-t-il.
 
Interrogé sur la nécessité de poursuivre le conflit jusqu’à la destruction des tunnels et des roquettes – 85% des Israéliens y seraient favorables – l’écrivain répond par une métaphore religieuse : "Je n'ai jamais été d’accord avec Jésus-Christ sur ​​la nécessité de tendre l'autre joue à l’ennemi". Selon lui, il faut répondre à l’agression par la force et "c’est là que se situe la différence entre un pacifiste européen et un pacifiste israélien comme [lui]", rappelant l’anecdote d’un survivant de l’holocauste qui disait ne pas avoir été sauvé par des "manifestants pacifistes avec des pancartes et des fleurs mais par des soldats et des mitraillettes".
 
D’autres personnalités littéraires se sont exprimées ces derniers jours. Sollicités par La1ere.fr, cinq écrivains originaires des Outre-mer (Gerty Dambury, Françoise Vergès, Dominique Lancastre, Louis-Georges Tin et Raphaël Confiant) ont donné leur avis sur l’affrontement actuel dans la bande de Gaza.
 
Côté palestinien, avec environ 1 450 morts et plus de 8 300 blessés, en grande majorité des civils, cette guerre est aussi meurtrière que l'opération "Plomb durci" (2008-2009). Soixante-trois soldats de l’armée israélienne ont perdu la vie, ce qui constitue les pertes les plus lourdes depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.





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