Jeudi 21 mars, à l’heure où nous mettons sous presse, une audience est prévue au tribunal de commerce de Paris pour faire, à mi-parcours, un point sur la procédure de redressement judiciaire qui touche Virgin depuis le 14 janvier. Selon le calendrier prévu, les candidats à une reprise totale ou partielle des 26 magasins de l’enseigne ont jusqu’au 5 avril pour déposer un dossier. En début de semaine, aucun dépôt n’avait été enregistré. Mais Virgin, qui a encore réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros dont 79 millions avec le livre, suscite un réel intérêt. Ouverte fin février, la data room, qui permet aux investisseurs potentiels d’accéder à un grand nombre de documents comptables et juridiques de l’entreprise en redressement, aurait été consultée par une vingtaine d’entreprises. Parmi celles-ci figurent quelques noms étrangers au secteur culturel, comme Monoprix ou Marionnaud, mais beaucoup sont dans les mêmes domaines d’activités que Virgin, à commencer par Cultura, Furet du Nord, Fnac, le groupe rhônalpin Decitre, Gibert Joseph… Certains nous ont d’ailleurs confirmé leur intérêt pour une reprise partielle de magasins, plus ou moins importante selon les cas. Compte tenu des doublons existants dans un certain nombre de villes entre ses points de vente et ceux de Virgin, la Fnac ne s’intéresserait qu’à un ou deux emplacements. A l’inverse, Furet du Nord pourrait accélérer significativement son extension hors de sa région d’origine et notamment en Ile-de-France (voir p. 70), tandis que Cultura trouverait là l’opportunité d’intégrer certains centres-villes. L’enseigne a d’ailleurs visité les Virgin de Marseille, d’Avignon, de la Défense et des Grands-Boulevards à Paris.
Mais seul Patrick Zelnik, patron du label musical Naïve, a annoncé publiquement sa volonté de reprendre la totalité du réseau. Comme il l’avait expliqué dans nos colonnes (1), il entend relancer le réseau, qui serait alors rebaptisé Naïve Medina, autour d’un concept de « souk culturel » mêlant musique, images, livres et nouvelles technologies. Reste qu’il cherche toujours les financements pour son projet, comme il nous l’a tout récemment confié.
Ce qui nourrit des hypothèses de fermeture de l’enseigne en juin, avec revente de certains magasins.
Clarisse Normand
(1) Voir LH 938 du 25.1.2013, p. 33.
