Sensibilisé à la lecture intensive et à la place centrale que tient le client à la Librairie de Paris (place de Clichy, Paris 17e), où il a appris le métier pendant cinq ans avant de cofonder en 2011 Le Détour à Granville (Manche), Raphaël Naklé voit avant tout sa génération comme "sincère et passionnée". Deux caractéristiques qu’il attribue à la superficie des magasins tenus par les nouveaux libraires et au mode de fonctionnement qu’elle implique. "Nous n’hésitons pas à ouvrir des librairies à taille humaine, où nous proposons un assortiment forcément orienté et présenté différemment, qui valorise la variété de la production", analyse le libraire âgé de 38 ans. Un modèle qui conduit aussi Raphaël Naklé et ses confrères à être plus "prescripteurs" et à nouer des liens différents avec "la nouvelle génération d’éditeurs qui fondent justement une partie de leur développement sur les relations avec les libraires", ajoute-t-il.
Autre trait commun : l’entraide, "un état d’esprit très présent, même si appeler un confrère ne se fait pas encore suffisamment", admet le libraire qui, pour sa part, a adopté ce réflexe "dès le départ". Son expérience dans la musique, où il s’est lancé seul à 25 ans et s’est "bien planté", lui a servi de leçon. "J’aurais dû travailler comme salarié avant, comme je l’ai fait en librairie", témoigne Raphaël Naklé. Il se félicite d’avoir ouvert son Détour de 60 m2 en ayant officié auparavant dans une structure "professionnelle, hyper rodée et bien gérée", où il a tout appris. C. Ch.
