Rentrée littéraire 2021

Rosa Montero, « La bonne chance » (Métailié) : Disparaître pour renaître

MONTERO ROSA - Photo © LISBETH SALAS 2

Rosa Montero, « La bonne chance » (Métailié) : Disparaître pour renaître

Rosa Montero imagine un héros désireux de recommencer à zéro. Mais pour apprendre à être heureux, il faut parfois passer par des chemins sinueux.

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Par Kerenn Elkaim,
Créé le 27.08.2021 à 12h00,
Mis à jour le 27.08.2021 à 12h30

La conteuse espagnole Rosa Montero, auteure de La folle du logis, L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir ou La Chair, revient avec un roman sur un homme qui se cherche et se perd. Architecte de renom, Pablo éprouve le besoin de se fondre dans l'anonymat pour déconstruire son destin brisé. Qui n'a pas rêvé de faire table rase de son passé ?

« Être un autre est un soulagement. Échapper à sa propre vie. Détruire ce qui a été fait. Ce qui a été mal fait. » Aussi prend-il un train pour aller vers l'imprévu. Hagard, il descend un peu par hasard à Pozonegro, un coin paumé qui ne fait guère rêver. Ce lieu, quasi abandonné, renferme les ruines d'une cité minière. Ici, tout semble gris... Y compris son visage qui aspire à « une consolation amère », au sein de cette « laideur paisible », tant Pablo est persuadé que sa « vie entière a été une erreur. » Ressentant le besoin de se dépouiller, il ne possède plus qu'« un matelas, une serviette, une casserole, une cuillère » et une ex-existence secrète.

Avant certains événements, cet homme touchant mais absent à lui-même « s'était cru d'une certaine manière intouchable, puissant, omnipotent. » Il doit enfin admettre qu'il n'en est rien. Lui qui s'enlise jour après jour a soudain droit à une magnifique surprise : sa voisine Raluca, dont le caractère enchanté a résolument quelque chose de Rosa Montero. Peintre du dimanche, l'héroïne est persuadée d'avoir un don pour portraiturer les chevaux, mais son talent consiste essentiellement à illuminer les gens. « Forte comme un démon, Raluca est capable de rendre possible l'impossible », même d'extraire Pablo de son impasse. Sa patience tranche avec le tempérament nettement moins bienveillant de certains personnages.

Mais ce qui les unit finalement, c'est une solitude plombante. Peu à peu, cette femme aux « dents tordues » enseigne à Pablo que « la joie est une habitude. Le bonheur est simple et nu, et tellement facile... ». À condition de le saisir pleinement pendant qu'il est encore temps. « Si tu ne fais rien pour ta vie, la vie ne fera rien pour toi. » Alors mieux vaut se secouer et s'éveiller à ses magies insoupçonnées.

Rosa Montero
La bonne chance Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse
Métailié
Tirage: 12 000 ex.
Prix: 20 € ; 288 p.
ISBN: 9791022611497

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