Littérature italienne

Stefania Auci, « La saga des Florio. Les lions de Sicile » (Albin Michel) : Une dynastie palermitaine

STEFANIA AUCI - Photo © CRISTINA DOGLIANI

Stefania Auci, « La saga des Florio. Les lions de Sicile » (Albin Michel) : Une dynastie palermitaine

Premier tome d'une saga romanesque à succès de Stefania Auci, Les lions de Sicile narre l'histoire fascinante d'une grande famille commerçante de Palerme. Tirage à 25000 exemplaires.

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Par Olivier Mony,
Créé le 30.04.2021 à 09h00,
Mis à jour le 30.04.2021 à 12h51

Il y a en Italie deux sortes de grandes familles. D'abord les aristocrates, dont Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa ausculta si parfaitement le crépuscule dès l'ère garibaldienne, ensuite les grandes dynasties commerciales et industrielles comme les Agnelli à Turin ou les Pirelli à Milan. À celles-ci, il conviendra désormais d'ajouter celle, palermitaine et moins connue en France, des Florio, lignée prestigieuse qui fut un temps la plus riche d'Italie et donna son nom entre autres à l'une des plus célèbres courses automobiles de l'Histoire, la « Targa Florio ».

C'est à cette saga, pleine de bruits et de fureur, de secrets et de tragédies, de gloire et d'échecs que l'auteure italienne Stefania Auci a décidé de consacrer une série romanesque dont le premier tome, Les lions de Sicile, paraît aujourd'hui en France après avoir été l'incontestable évènement littéraire transalpin de l'année 2019 - les droits de traduction ont déjà été cédés dans plus de trente-trois pays et le livre devrait faire bientôt l'objet d'une série télé. Un phénomène dans le genre de L'amie prodigieuse en somme, l'anonymat de l'auteure en moins.

Tout part d'un tremblement de terre en octobre 1799 dans un petit village calabrais, Bagnara. Désireux d'échapper à la fois à cette terre dangereuse et à sa condition plutôt misérable, Paolo Florio, accompagné de sa femme Giuseppina (plus que réticente à l'idée de devoir quitter sa terre natale), de leur fils Vincenzo et de son frère Ignazio, décide de partir et de rejoindre la Sicile et Palerme pour y ouvrir un magasin d'épices et d'herbes médicinales. Les premières années sont difficiles, et les frères Florio mal accueillis. Mais, travailleurs acharnés et dotés chacun d'un sens inné du commerce, ils parviennent à faire de leur boutique un havre de prospérité, premier arpent de ce qui deviendra au fil des décennies une fabuleuse réussite, bientôt industrielle. Paolo meurt prématurément et Ignazio prend alors brillamment la relève (suivi des années plus tard par son neveu Vincenzo qui aura appris en Angleterre les bases du métier). Pendant ce temps, Giuseppina couve son fils d'une attention maternelle excessive et bovaryse à souhait, ne parvenant à oublier tout à fait son cher Bagnara.

L'expression page turner prend tout son sens avec ces Lions de Sicile, tant Stefania Auci s'y entend en matière de conduite narrative, d'incarnation de ses personnages, sans céder jamais à aucune facilité d'écriture. L'été sera sicilien. On attend la suite.

Stefania Auci
La saga des Florio. Les lions de Sicile Traduit de l'italien par Renaud Temperini
Albin Michel
Tirage: 25 000 ex.
Prix: 21,90 € ; 560 p.
ISBN: 9782226442024

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