En avril dernier, le tribunal des affaires économiques de Paris approuvait la demande de placement en redressement judiciaire du groupe Gibert. Ce vendredi 24 juillet, le groupe a dévoilé la mise en place d’un plan de redressement, établi avec l'administration judiciaire, pour « renouer avec la rentabilité dès 2028 ». Parmi les mesures annoncées, une potentielle suppression de 84 postes sur 500 « au cours du second semestre 2026 ».
Les autres détails du projet seront « discutés avec les représentants du personnel et aux organisations syndicales au cours des prochaines semaines », a précisé une porte-parole à Livres Hebdo, précisant que le lancement du plan doit être effectif « d'ici la fin de l'année ».
Des fermetures de magasins et des tentatives de reprises à prévoir
Reste que le groupe, qui prévoit de « placer le livre d’occasion au cœur du modèle », envisage la fermeture du point de vente à Barbès et du corner Printemps Nation à Paris. Les magasins situés à Poitiers, à Évreux, ainsi que la Librairie La Place, spécialisée en tourisme et ésotérisme et située sur le quai Saint-Michel, feront quant à eux l'objet d'une cession. « Nous avons réalisé une projection des axes du plan de redressement sur chaque magasin. Certains d’entre eux restaient déficitaires à l’horizon 2028, malgré les mesures prévues par le plan. Nous ne pouvons donc pas les maintenir puisqu’aucune perspective de retour à la rentabilité n’est envisageable pour eux », a indiqué une porte-parole du groupe à Livres Hebdo.
En région, les autres magasins pourraient retrouver une exploitation positive dès 2028, « avec des adaptations ciblées des horaires, du temps de travail ou des effectifs selon les sites », précise le groupe qui, à terme, souhaiterait également « recentrer ses forces autour de ses implantations historiques du boulevard Saint-Michel, pour en faire le moteur de sa rentabilité ».
Toujours d'après la porte-parole du groupe, les critères de maintien des magasins ont porté sur leur capacité à réduire leurs charges, à se développer, mais aussi sur le dynamisme de leur zone d’implantation et sur leur aptitude à s’adapter à l’évolution de la répartition de l'activité entre livre neuf et livre d’occasion.
« Limiter l'impact sur l'emploi »
Si, d'après le plan de redressement envisagé, 84 suppressions de postes seraient à prévoir, Gibert étudie « des transferts possibles pour certains effectifs de Barbès vers les magasins du VIe arrondissement de Paris », et « recherche toutes les solutions de reclassements internes et externes afin de limiter l’impact sur l’emploi ». La porte-parole indique également que le groupe souhaite trouver, pour les magasins engagés dans un processus de cession, « des repreneurs qui maintiendront les emplois ».
Dans un communiqué publié fin avril, l’enseigne, dont le chiffre d’affaires sur le livre a atteint 63,6 millions d’euros en 2025 (en recul de -5,22 % par rapport à l’année précédente) d’après les données récoltées par Livres Hebdo, évoquait des difficultés liées à un « effet ciseau », pointé du doigt par de nombreux libraires. En cause : l’explosion des coûts fixes, couplé au déclin du livre neuf et à la « compression des marges ».
Une transformation « autour du livre d'occasion »
Pour s’en sortir, le groupe avait donc préféré demander son placement en redressement judiciaire, expliquant vouloir se placer sous la protection du tribunal pour « accélérer sa transformation autour du livre d’occasion », qui représenterait 35 % de son chiffre d’affaires total à ce jour, et « travailler à la fois sur son endettement et sa rentabilité. » Aujourd'hui, le groupe confirme vouloir « doubler la part de l'offre d'occasion dans les ventes d'ici 2029 »
Aujourd’hui encore, Gibert compte 16 points de vente et 500 salariés, dispatchés dans 12 villes en France.
