Thomas Sirdey, cofondateur de la Japan Expo, "fier de l'édition manga française" | Livres Hebdo

Par Pierre Georges, à Japan expo, le 08.07.2016 à 17h26 (mis à jour le 10.07.2016 à 23h05) Interview

Thomas Sirdey, cofondateur de la Japan Expo, "fier de l'édition manga française"

La 17e Japan Expo, le plus important festival européen dédié à la culture et aux loisirs japonais, a débuté, jeudi 7 juillet au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Son cofondateur, Thomas Sirdey, a répondu aux questions de Livres Hebdo. 

Dans un marché du manga pesant 94 millions d'euros en 2015 (GFK/Livres Hebdo) et faisant de la France le deuxième consommateur du genre au monde, la Japan Expo fait pour sa 17e édition, qui s'est ouverte jeudi 7 juillet, plus que jamais figure de référence. Au terme du deuxième jour du festival, qui espère cette année atteindre la barre des 250 000 visiteurs sur quatre jours, le cofondateur de l'événement, Thomas Sirdey, s'est entretenu avec Livres Hebdo. 

Livres Hebdo : 
Quelles sont les spécificités de cette Japan Expo édition 2016?
Thomas Sirdey : L'accent est mis cette année sur l'ADN du salon, la "French touch". Nous faisons beaucoup de mises en avant et d'expositions autour des éditeurs français de mangas. Nous souhaitons mettre en avant les Français qui ont percé et réussi dans le milieu, qui ont aidé à pérenniser ce mouvement en France. Je suis fier de voir aujourd'hui un manga comme Radiant, création française, être acheté et diffusé avec succès au Japon. 

L'édition manga, qui a représenté 94 millions d'euros en 2015, est en constante progression depuis des années. Comment expliquez-vous que cet engouement ne semble pas vouloir s'essouffler un jour? 
C'est avant tout dû à la diversité du secteur. Chaque manga a son public, et le genre s'est tellement ouvert qu'on peut désormais y parler de tout. Kurokawa, pour citer un exemple parmi d'autres, a sorti récemment un manga sur les hémorroïdes ... (Anus beauté, Kurokawa, NDLR). N'importe qui, à n'importe quelle période de sa vie, trouvera l'ouvrage qui lui conviendra. On est plus limité au shônen toute sa vie. 

Thomas Sirdey - Photo DR
Qu'est-ce que cela représente pour un éditeur d'être présent sur le salon?
D'abord un impact économique certains sur les ventes et sur la visibilité. Ensuite, c'est une manière pour une maison d'édition d'exister et de revendiquer sa place sur ce marché très concurrentiel. Les stands des éditeurs rivalisent ainsi d'ingéniosité dans leurs animations. 
Enfin, d'un point de vue B2B, la Japan Expo est devenue un formidable marché de vente des droits, tous les ayants droit japonais étant présents sur le salon. 

Quel est le profil type du visiteur de la Japan Expo? 
C'est un ou une jeune, âgé(e) de 15 à 25 ans, venant pour moitié d'Ile-de-France et l'autre moitié, environ, du reste de la France. Nous comptons également environ 10% de visiteurs étrangers. 

Cette année marque le retour des Japan Expo Awards, décerné en mars dernier après quatre années d'absence. Quel est le projet derrière ce retour? 
Nous les avions arrêtés pour une simple et bonne raison: ils n'atteignaient pas l'objectif qu'on leur prêtait, à savoir un rôle curateur sur les milliers de sorties mangas chaque année. Les prix se noyaient dans le salon, et juste avant l'été, le public oubliait instantanément les livres sélectionnés. En les déplaçant en mars, nous comptons leur donner une vraie visibilité. Ils seront reconduits l'an prochain. 

Quelles perspectives pour l'avenir de la Japan Expo? 
Améliorer et continuer de développer nos deux rendez-vous français, à Paris et Marseille. Puis continuer de conquérir de nouvelles villes en organisant des salons dans de nouveaux lieux, comme nous avons pu déjà le faire en Belgique. 
Avec les 35 personnes travaillant à l'année et à temps plein sur la Japan Expo, et nos 2 employés permanents à Tokyo, nous nous projetons d'ores et déjà sur l'édition 2017, qui marquera les 100 ans d'existence de l'animation japonaise.
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