Trois questions à Philosophie magazine sur sa nouvelle formule | Livres Hebdo

Par Amélie Boutet, le 14.02.2017 à 17h15 (mis à jour le 15.02.2017 à 10h53) Sciences humaines

Trois questions à Philosophie magazine sur sa nouvelle formule

Catherine Portevin

Catherine Portevin présente le toilettage de la rubrique livres de Philosophie magazine à la veille de la sortie, le jeudi 16 février, d'une nouvelle formule de la publication spécialisée.

Philosophie magazine, qui propose jeudi 16 février, une nouvelle formule, a procédé au toilettage de la rubrique livres dans une perspective de clarté, de modernité et de diversification des formats. Les explications de Catherine Portevin, chef de la rubrique livres depuis septembre 2011, qui fut également responsable des hors-série après avoir dirigé les rubriques livres puis débats de Télérama durant dix ans.

Livres Hebdo: Dans quel sens la rubrique livres de Philosophie magazine évolue-t-elle?
 
Catherine Portevin:
Son évolution est surtout visuelle, avec une maquette plus aérée qui permet de mieux mettre en valeur chaque article et chaque livre, et de diversifier un peu les formats. A Philomag, nous nous situons dans l’univers du magazine et non de la revue spécialisée. Notre rubrique est sélective, avec seulement une quinzaine de livres chroniqués par mois, mais synchrone avec l’actualité éditoriale et ouverte dans ses choix avec, en philosophie, une préférence pour l’essai par rapport aux publications savantes, une attention aux sciences humaines et surtout à la littérature. Grâce à une enquête de 2015, nous savons que nos lecteurs sont de gros lecteurs, qu’ils lisent presqu’autant de romans (62%) que d’essais (78%), et qu’ils achètent leurs livres de préférence en librairie (70%). Ils apprécient d’avoir en Philosophie magazine un outil de sélection pour se tenir au courant et faire leurs propres choix.

LH: Quels livres chroniquez-vous dans votre prochaine livraison?
 
CP: Parmi les principaux livres qui ont été choisis dans la chronique littéraire: Lettres de suicide de Simon Critchley (Max Milo), L’un l’autre, le roman de Peter Stamm (Christian Bourgois), La Nuit. Vivre sans témoinde Michaël Foessel (Autrement), Faces. Une histoire du visage de Hans Belting (Gallimard). Nous accordons aussi deux pages à un grand livre d’anthropologie, Faire de Tim Ingold (Dehors). Ce "menu" est assez significatif de ce que nous voulons et aimons transmettre: une philosophie incarnée dans l’expérience (Critchley, Foessel), une anthropologie (Belting, Ingold) qui ouvre à des questionnements philosophiques, des petits et de grands éditeurs, des auteurs français et étrangers.
Nous traitons également Enrichissement, des sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (Gallimard), un livre sur lequel nous reviendrons plus largement sous une autre forme dans un prochain numéro du magazine, et le livre de Florence Burgat, l’Humanité carnivore (Seuil), qui donne lieu à un débat dans les pages d’actualité. Car, la présence des livres accompagne évidemment tout notre travail, et beaucoup d’entre eux donnent lieu à d’autres traitements que la critique dans la rubrique livres.

LH: Quelles sont les orientations générales de la nouvelle formule de Philosophie magazine?
 
CP: L’idée est de proposer un magazine plus accessible à tous, plus simple, plus ouvert, avec un peu plus de fantaisie: c’est ainsi que nous avons aussi confié une chronique à François Morel, qui interprète à sa manière les grandes citations de la philosophie, à l’auteur-dessinateur Claude Ponti, qui répond aux questions des enfants, à Sylvain Tesson, qui nous fait voyager.
Nos objectifs en termes de publics et de diffusion peuvent se déduire des forces déjà acquises: une moyenne d’âge de 48 ans, mais fortement pondérée par 25% de 15-25 ans, et un public urbain, CSP+. Ce sont de bons atouts pour élargir cette base, d’une part vers les jeunes en ménageant une accessibilité plus grande, en termes visuels mais aussi en effort pédagogique sur le fond philosophique, d’autre part vers les actifs en pariant sur le besoin de sens, qui se manifeste aujourd’hui dans toutes les sphères de la vie: personnelle, affective, et de plus en plus professionnelle, politique, sociale, scientifique.
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