Le 14 mai dernier, le réseau de lecture publique de Tower Hamlets, commune pauvre de l’est de Londres, a inauguré son 5e Idea Store. Cette nouvelle implantation, située dans le quartier de Watney Market, reste conforme aux principes qui font la particularité de ces bibliothèques vraiment à part. Tout d’abord, l’importance accordée à l’esthétique du lieu lui-même : un beau bâtiment de 1 200 m2 sur trois niveaux, construit selon une démarche de haute qualité environnementale, avec notamment un toit végétalisé pour absorber les eaux de pluie et servir d’isolant thermique. Son architecte, Bisset Adams, auteur du premier Idea Store en 2002, a activement contribué depuis dix ans à élaborer le concept des Idea Store. Comme les autres établissements du réseau, celui-ci est situé dans un endroit très fréquenté, et pratique de larges horaires d’ouverture : 65 heures par semaine du lundi au samedi, dont quatre soirs jusqu’à 21 heures. Seul bémol, l’ouverture du dimanche, qui est la règle dans les autres Idea Store, est prévue mais soumise à l’obtention des financements nécessaires. Les collections dans les différentes langues reflètent la diversité de la population du quartier qui compte notamment une importante communauté bengalie. Particularité de cette nouvelle implantation : pour la première fois, elle abrite un guichet d’informations de la mairie destiné à renseigner les usagers sur diverses questions administratives.
Les recettes du succès
Quand il ouvre ses portes en 2002, le premier Idea Store propose une vision entièrement renouvelée de la lecture publique : deux services municipaux, celui des bibliothèques municipales et celui des cours pour adultes, dont la fréquentation est en chute libre, ont décidé non pas de se regrouper dans un bâtiment commun, mais de fusionner pour devenir un seul et même service, jetant les bases d’un modèle qui allait révolutionner la façon de concevoir les missions des bibliothèques. Depuis, l’intérêt auprès de la communauté professionnelle nationale et internationale n’a pas faibli. Les équipes sont littéralement submergées par les demandes de visites, à tel point que ces dernières sont devenues payantes pour couvrir les frais de personnel que cela entraîne ! «La recette est simple : fournir aux gens les livres qu’ils ont envie de lire, dans de beaux bâtiments avec des horaires pratiques et du personnel investi dans son travail », résume Kate Pitman, responsable du développement des Idea Store. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis la création des Idea Store, la fréquentation du réseau est passée de 621 000 visites en 2001-2002 à plus de 2 millions en 2011-2012. Véronique Heurtematte