Relus, dans le très beau recueil Le poème et le territoire, promenades littéraires en Suisse romande, à paraître le 16 mai chez Noir sur Blanc sous la direction d'Antonio Rodriguez et d'Isabelle Falconnier, ces vers de la merveilleuse poète suisse Anne Perrier (1922-2017) :

« Ô rompre les amarres

Partir partir

Je ne suis pas de ceux qui restent

La maison le jardin tant aimés

Ne sont jamais derrière mais devant

Dans la splendide brume

Inconnue ».

Pensé, à la veille du Salon du livre de Genève du 1er au 5 mai, à l'état d'esprit des poètes et écrivains qui sont nés sur les bords du Léman ou au pied des sommets valaisans (Cendrars, Dürrenmatt, Chappaz, Chessex, Jacottet, Haldas, Bouvier...), et de ceux qui y ont trouvé refuge (Byron, Sainte-Beuve, Mickiewicz, Lamartine, Hugo, Rilke, Jouve, Borges...). Tous également écartelés entre ce pays où « un excès d'existence me jaillit au cœur » (Rilke) et tant d'ailleurs rêvés et parfois rencontrés.

Sur un marché fécond, mais étroit de 2,1 millions de francophones, les éditeurs suisses romands rêvent d'un ailleurs proche, en l'occurrence la France. Plusieurs y ont trouvé leur place avec des ouvrages de qualité en jeunesse (La Joie de lire, Calligram), en architecture et en art (Infolio), en érudition et en sciences humaines (Droz, Presses polytechniques romandes), en bande dessinée (Atrabile, Paquet) ou en pratique (Favre, Jouvence).

En littérature, même si certains comme Slatkine disposent de bureaux à Paris, c'est autre chose. Les éditeurs français attirent les auteurs suisses les plus renommés et les plus vendeurs. Leurs confrères romands peinent à faire émerger leurs jeunes écrivains. Pour percer hors de leurs frontières, ils misent sur« une littérature de métèques », suivant la formule de la directrice de Zoé, Caroline Coutau. Elle en est adepte, non sans succès.


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