Patrimoine

Un appel à mécénat pour "Les Cent Vingt journées de Sodome" du Marquis de Sade

Photo STUDIO SEBERT

Un appel à mécénat pour "Les Cent Vingt journées de Sodome" du Marquis de Sade

Le rouleau de douze mètres de long, Les Cent Vingt journées de Sodome ou l'école du libertinage, vaut 4,55 millions d'euros. Un autre appel à mécénat concerne un ensemble de manuscrits autographes d'André Breton.

Par Vincy Thomas,
avec AFP,
Créé le 18.02.2021 à 19h54,
Mis à jour le 18.02.2021 à 20h04

Sade, âgé de 45 ans et lourdement condamné pour une série d'affaires de moeurs, est emprisonné à la Bastille en 1785 quand il recopie un long roman, Les Cent Vingt journées de Sodome ou l'école du libertinage. Le ministère de la Culture a lancé jeudi un appel au mécénat d'entreprise pour acquérir le célèbre manuscrit du marquis de Sade écrit en prison, qui vaut 4,55 millions d'euros.

Dans son "avis d'appel au mécénat d'entreprise pour l'acquisition par l'Etat d'un trésor national" publié au Journal officiel, le ministère indique chercher des financements, contre réduction de l'impôt sur les sociétés, afin d'acquérir cet "extraordinaire manuscrit autographe du premier véritable ouvrage du marquis de Sade". Ce roman inachevé raconte les sévices sexuels inouïs imposés à des victimes enfermées dans un château par des libertins fortunés.

Il s'agit d'un "rouleau de papier" de 12 mètres de long, "accompagné de son étui", est destiné à la Bibliothèque nationale de France.

"Probablement découvert lors du pillage de la forteresse de la Bastille ou de sa démolition" à l'été 1789, indique le ministère, le manuscrit disparaît pendant plus d'un siècle. Sade mourut en 1814 en pensant que son oeuvre la plus importante était définitivement perdue. Il est racheté par un psychiatre allemand, Iwan Bloch, qui publie pour la première fois le roman en 1904. En 1929, un collectionneur, Charles de Noailles, l'acquiert à son tour. Il est volé à sa fille Nathalie par un éditeur qui le vend en 1982 à un collectionneur suisse, Gérard Nordmann. Puis il est racheté à ses descendants en 2014 par un homme d'affaires français, Gérard Lhéritier, à l'origine d'une société qui fait l'objet d'une enquête pour escroquerie, Aristophil. Pour empêcher une nouvelle vente, la ministre de la Culture Françoise Nyssen le classe "trésor national" en 2017.

Le ministère de la Culture a lancé jeudi un appel au mécénat d'entreprise identique pour l'acquisition d'un autre "trésor national", lui aussi classé en 2017, à savoir "un ensemble de manuscrits autographes d'André Breton", poète surréaliste (1896-1966). La somme à réunir est de 900000 euros.

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités