Un livre entièrement traduit par une intelligence artificielle | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 03.10.2018 à 18h36 (mis à jour le 03.10.2018 à 19h00) Numérique

Un livre entièrement traduit par une intelligence artificielle

L’entreprise française Quantmetry a annoncé mardi 2 octobre avoir entièrement traduit un livre de 800 pages grâce à une intelligence artificielle.

La start-up parisienne spécialisée dans la donnée Quantmetry et leur partenaire allemande DeepL, société qui édite des solutions de traduction automatisée, sont parvenues à faire traduire un ouvrage scientifique de 800 pages grâce à un algorithme.
 
Ce "défi technologique" a été rendu possible par la technique du deep learning (apprentissage profond), décrite dans l’ouvrage éponyme de Ian Goodfellow, Yoshua Bengio et Aaron Courville qui a servi de matière première pour l’expérience. Le livre paraitra le 18 octobre 2018 en France au prix de 69 euros chez Florent Massot, qui a notamment publié le lauréat de la médaille Fields et député La République en Marche Cédric Villani (Le manifeste du crapaud fou, 2017), auteur d’un rapport parlementaire sur l’intelligence artificielle. Une parution est prévue au début de l’année prochaine au Canada.

La traduction s’effectuait de l’anglais vers le français.
 
Concrètement, DeepL s’est appuyée sur les algorithmes et la base d’apprentissage de Linguee, son service en ligne de traduction, afin d’effectuer la conversion. Le programme est régulièrement nourri de toutes sortes d’écrits, notamment les textes de loi publiés en plusieurs idiomes par les instances européennes. Cela lui permet de comparer les différences linguistiques sur un seul et même texte, et ainsi de calculer la proximité et la pertinence entre plusieurs choix de mots.
 
D’après Alexandre Stora, chef de projet chez Quantmetry, la machine s’est avérée "extrêmement performante" sur la syntaxe, la grammaire et la conjugaison. Une équipe de chercheurs de l’ENSAI, l’INRIA et du CNRS a cependant relu le texte afin de vérifier la précision du vocabulaire technique. La conception de l’algorithme a pris deux mois de travail, et la relecture un mois, soit "80% de temps gagné" selon Quantmetry, qui estime à un an la période nécessaire à un humain pour accomplir la même tâche. 
 
L’entreprise, qui prévoit de mettre à disposition son outil à la communauté scientifique, précise que l’intelligence artificielle peut traduire avec justesse un contenu technique, "mais que le rôle du traducteur humain reste essentiel, à plus forte raison concernant les ouvrages artistiques ou littéraires".
 
 
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