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Un marché mondial à 122 milliards d’euros

Livres à la Foire de Leipzig - Photo

Un marché mondial à 122 milliards d’euros

D’après les données des vingt principaux marchés du livre dans le monde retraitées par Rüdiger Wischenbart, l’Allemagne, la Norvège et les Etats-Unis affichent la plus forte consommation de livres par habitant.

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Par Hervé Hugueny ,
Créé le 17.11.2017 à 00h00 ,
Mis à jour le 20.11.2017 à 23h25

De 2008 à 2016, le marché du livre a progressé de 45 % en Chine, alors qu’il a décliné partout ailleurs : c’est l’une des informations qui ressort de "Book Map : how big is global publishing ?", une étude sur les ventes de livres dans les 20 principaux marchés du monde réalisée par le consultant autrichien Rüdiger Wischenbart (par ailleurs prestataire de Livres Hebdo pour la réalisation du classement mondial de l’édition). "Nous estimons que le chiffre d’affaires mondial atteint 122 milliards d’euros, en prix public. C’est largement supérieur à la musique, au jeu vidéo, ou au cinéma, mais à peu près égal au volume d’affaires de la presse, et toutefois moindre que la vidéo en streaming", compare-t-il.

Ce premier rapport compile les ventes de livres papier, et numériques autant qu’il est possible, en retenant des hypothèses prudentes en cas de lacune, mais laisse de côté l’autoédition, faute de données fiables. L’Afrique, une partie de l’Amérique latine et de l’Asie manquent, faute de statistiques qui, de toute façon, ne changeraient pas la tendance générale. "Il s’agit d’un processus évolutif, que les révisions successives vont améliorer", prévoit Rüdiger Wischenbart, appelant à la coopération de toutes les bonnes volontés : tout est accessible et vérifiable sur Bookmap.org.

Dégradation

La première place revient aux Etats-Unis (35 milliards d’euros), suivis par la Chine (20,9 milliards d’euros), l’Allemagne (9,27 milliards d’euros), le Royaume-Uni (6,1 milliards d’euros), le Japon (6,76 milliards d’euros), la France (3,9 milliards d’euros). La Pologne (817 millions d’euros), le Mexique (791 millions d’euros) et l’Autriche (735 millions d’euros) ferment la liste. Collectées en monnaies courantes, les valeurs ont aussi été recalculées en monnaies constantes, défalquées de l’inflation, toujours importante sur la longue durée : 2 % de hausse sur une décennie reviennent en réalité à une dégradation de valeur de 18 %, souligne l’étude. L’érosion des ventes, plus ou moins masquée par la hausse des prix en euros courants, apparaît ainsi très nettement.

Au-delà des chiffres par pays, la consommation et la production de livres sont aussi estimées en fonction de la population, ce qui donne une autre perspective : l’Allemagne se classe alors en tête (117 euros de CA livre par habitant), suivie de la Norvège (112 euros), des Etats-Unis (109 euros) et du Royaume-Uni (94 euros). Dans ces deux pays, la moyenne est gonflée par les ventes à l’export, de même que pour l’Espagne, à 62 euros de CA livre par habitant, contre 59 pour la France, juste devant la Corée (58 euros). Dans ce tableau, la Chine est 14e (15 euros par habitant), et l’Inde dernière (3 euros par habitant), alors que son marché global (3,6 milliards d’euros) est presque au niveau de celui de la France. L’achat de livres est étroitement corrélé au niveau de vie, et la classe moyenne et supérieure de l’Inde équivaut à l’ensemble de la population française.

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