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Une galerie d'art se transforme en librairie pour rester ouverte

Librairie Loeve & Co, le 23 mars à Paris. - Photo DAHLIA GIRGIS

Une galerie d'art se transforme en librairie pour rester ouverte

A l'annonce de la fermeture des galeries d'art, le 18 mars, Stéphane Corréard, gérant de Loeve & Co, située à Paris, a trouvé une solution. Après quatre jours, près de 250 euros et un changement de code APE, une pancarte verte sur le fronton annonce : "Librairie Loeve & Co".

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Par Dahlia Girgis,
Créé le 24.03.2021 à 15h42,
Mis à jour le 24.03.2021 à 18h38

Les œuvres d’art sont visibles sur les murs de la galerie Loeve & Co, située rue des Beaux-Arts, à Paris. Mais l'attention des clients se porte sur les ouvrages exposés dans la boutique. Annoncées le jeudi 18 mars, les restrictions gouvernementales ont contraint les galeries d’arts à fermer, alors qu'elles avaient pu ouvrir depuis le déconfinement, contrairement aux musées. Cette situation a semblé inenvisageable pour le gérant de Loeve & Co, Stéphane Corréard. Des invitations avaient été lancées pour découvrir, le 23 mars, la revue Les Arts Dessinées, au sein de la galerie. "Je me suis dit que la solution, c’est de devenir une librairie d’ici lundi." 

En quatre jours, avec presque 250 euros et un changement de code APE, une pancarte verte sur le fronton est posée : "Librairie Loeve & Co". Le code d’activité principale (APE) exercée est un outil statistique utilisé par l’Insee. Il a suffi de quatre conditions pour le changer : avoir une activité permettant la vente de livres, obtenir l'autorisation d'en vendre auprès du propriétaire du local, faire enregistrer le changement sur le Kbis (document attestant l'existence juridique d'une entreprise commerciale), et un dernier critère qui est la vente de livres neufs.
 
Boutique Leove & Co, le 23 mars à Paris. - Photo DAHLIA GIRGIS

"J’ai appelé tout le monde pour les prévenir", explique Charles Geoffrion, employé de la galerie. Une heure après l'ouverture, plusieurs artistes viennent déposer leurs ouvrages. C’est le cas de Saig de Quenetain, qui remet, Paris hors du temps (Editions Tactile). "Une amie qui travaille dans le monde de l’art m’a parlé de cette initiative, j’ai saisi l’opportunité", explique l’auteur. En quelques minutes, l’ouvrage est enregistré et intégré dans la boutique. “Les ouvrages sont tournés vers l’art, nous sommes plus à même d’en parler”, affirme Charles Geoffrion.

Modèle “frondeur” et avis mitigés

Dans la galerie d'en face, Marie-Hélène de La Forest Divonne se réjouit de cette initiative "frondeuse et songe sérieusement à suivre ce modèle". Elle espère que toute les galeries de la rue puissent rouvrir dans ces conditions, notamment pour faire face aux salles de ventes, qui continuent de pouvoir exercer.
Ouvrages présentés chez Leove & Co - Photo DAHLIA GIRGIS
Stéphane Corréard estime que "certaines galeries seraient contents de juste obtenir la fermeture des maisons de ventes". Pour l’instant, le galeriste propose ses œuvres d’arts en "click and collect". Enregistré comme seconde activité, quand les galeries rouvriront, la vente des œuvres d’arts redeviendra alors l'activité principale.

Pourtant, l'idée ne fait pas l’unanimité. "Je ne pense pas que se transformer en librairie pour contourner le décret soit la solution. Ce n’est pas comme ça que nous entendons défendre la cause des galeries", réplique Géraldine de Spéville, déléguée générale du Comité professionnel des Galeries d'Art. 

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