Vincent Bolloré assigne deux auteurs en diffamation | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, avec AFP, le 15.11.2018 à 19h18 (mis à jour le 15.11.2018 à 20h00) Justice

Vincent Bolloré assigne deux auteurs en diffamation

Vincent Bolloré - Photo THESUPERMAT - LICENCE CC A-SA

L’homme d’affaires français, actionnaire principal du groupe Vivendi, a assigné en justice les auteurs du livre Vincent tout-puissant (Lattès, 2018) pour diffamation.

Vincent Bolloré, actionnaire principal du groupe Vivendi, a intenté une action en diffamation contre un livre qui lui est consacré, Vincent tout-puissant, paru en janvier 2018 aux éditions Lattès, a appris l’AFP.
 
La plainte datant d’avril concerne une cinquantaine de passages du livre portant sur les actions de l’homme d’affaires au sein de la chaîne Canal+, dont il a pris le contrôle en 2015 via Vivendi, ainsi que sur ses activités en Afrique, où le groupe est particulièrement actif. La constitution de "l’empire" du business-man breton sur ce continent a récemment fait l’objet d’une enquête de la police judiciaire de Nanterre. Vincent Bolloré a été placé en garde en vue en mars 2018 dans le cadre de cette procédure pour des soupçons de corruption autour de l’attribution de concessions portuaires.
 
L’action intentée par les groupes Bolloré SA et Bolloré Logistics vise les deux journalistes auteurs du livre d’enquête, Jean-Pierre Canet et Nicolas Vescovacci, ainsi que le patron des éditions Lattès, Laurent Laffont. Ils sont convoqués du 19 au 22 novembre par un juge d'instruction au tribunal de grande instance de Nanterre, en vue d'une éventuelle mise en examen, une étape quasi-automatique dans ce type de procédure.

Le milliardaire français n’en est pas à son coup d’essai. Vincent tout puissant fait d’ailleurs déjà l’objet d’une plainte pour "dénigrement" déposée au civil en janvier, juste avant la sortie du livre. Le dossier doit être évoqué lors d’une audience au tribunal de Paris prévue le 17 décembre.

Relaxes et sanctions

Par ailleurs, en juin dernier, le tribunal correctionnel de Nanterre avait relaxé le groupe France Télévisions et un journaliste assignés par Vincent Bolloré pour un reportage qui lui était consacré, diffusé dans l'émission "Complément d'enquête" sur France 2.  De son côté le Conseil supérieur de l'audiovisuel a sanctionné le 24 octobre la chaîne Canal + (Groupe Vivendi) pour avoir diffusé fin 2017 un programme promotionnel, qui  "comportait plusieurs images issues de la communication institutionnelle" sans avertissement pour ls spectateur, sur la politique et l'économie du Togo, où Vincent Bolloré détient de nombreux actifs.

En tout, le groupe Bolloré a lancé une vingtaine de procédures en diffamation contre des médias ou des journalistes depuis 2009, parfois à travers la holding luxembourgeoise Socfin ou ses filiales africaines. Considérées par de nombreux observateurs comme des "procédures-baillons" visant à empêcher les médias d’enquêter, ces poursuites systématiques ont été sévèrement condamnées par une centaine de journalistes, médias et ONG dans une lettre ouverte publiée sur les sites des principaux quotidiens français en janvier 2018.

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