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Vivendi / Lagardère : Michèle Benbunan répond aux critiques

Michèle Benbunan - Photo Olivier Dion

Vivendi / Lagardère : Michèle Benbunan répond aux critiques

La directrice générale d'Editis (filiale de Vivendi) Michèle Benbunan dénonce le 6 juillet dans Le Monde, "la politique-fiction, le fantasme", sur la perte d'une liberté éditoriale causée par l'offre publique d'achat de Vivendi sur son concurrent Lagardère. "Il y a des gens qui crient avant d’avoir mal", lance-t-elle. 

Par Dahlia Girgis ,
avec AFP Créé le 06.07.2022 à 15h24

"Il y a des gens qui crient avant d’avoir mal" : la directrice générale d'Editis (filiale de Vivendi) Michèle Benbunan répond le 6 juillet aux critiques de la fusion entre son groupe et Hachette, notamment concernant la liberté éditoriale. "Il faut se calmer. Depuis des mois, on est dans la politique-fiction, le fantasme, ce qui devient assez pénible pour les équipes, les auteurs... J'ai même lu qu'on voulait faire du révisionnisme dans les manuels scolaires, alors ça part loin", a-t-elle déclaré dans Le Monde daté du jeudi 7 juillet. 

Depuis le 14 juin et à la suite de l'offre publique d'achat (OPA), le patron de Vivendi Vincent Bolloré a provisoirement pris le contrôle, à hauteur de 57,3% du capital de Lagardère et donc de Hachette Livre. La fusion doit encore être approuvée par les autorités compétentes, notamment la Commission européenne.

Cette mainmise a provoqué de fortes réactions. Vincent Bolloré a entre autres été accusé par l'ex ministre de la Culture, aujourd’hui directrice de Actes Sud, Françoise Nyssen de "soutenir un courant d'idées unique, qui est celui que nous connaissons".

Les inconnues de l’OPA

Pour se conformer aux règles européennes de la concurrence et éviter une position dominante, Vivendi va devoir se séparer de nombreux actifs, venus d'Editis ou de Hachette Livre. Mais le détail des cessions envisagées n'est pas connu par la patronne d'Editis puisque l'opération, négociée avec la Commission européenne, "est menée par Vivendi et non par Editis".

Pour autant, la directrice générale d'Editis a indiqué que d'autres groupes s'étaient montrés intéressés pour reprendre des activités. "J'ai bien vu que des concurrents se positionnaient, comme Gallimard, qui aimerait bien récupérer Hatier (détenu par Hachette).” Hachette Livre et Editis occupent une place prépondérante dans l'édition scolaire (74% du marché) et parascolaire (84%).

"Il y a une question sur l'éducation, c'est vrai. Vous partez du principe que des actifs d'Editis vont être vendus. Je ne serais pas la mieux placée pour le faire, je suis là pour diriger Editis, défendre ses intérêts", a conclu Michèle Benbunan, qui avait fait une longue carrière chez Hachette Livre (1989-2017), avant de rejoindre Presstalis puis Editis.

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