Lauréats

Yanick Lahens, Zeruya Shalev et Paul Veyne lauréats du Femina 2014

Olivier Dion

Yanick Lahens, Zeruya Shalev et Paul Veyne lauréats du Femina 2014

Sabine Wespieser, Gallimard et Albin Michel ont été récompensés par le jury du Femina cette année.

Par Vincy Thomas, Marie-Christine Imbault
Créé le 03.11.2014 à 14h05 ,
Mis à jour le 06.11.2014 à 19h15

Yanick Lahens a reçu ce lundi 3 novembre le prix Femina 2014 pour son roman Bain de lune, paru chez Sabine Wespieser. L'écrivaine haïtienne a été choisie au deuxième tour par 6 voix contre 4 pour Marie-Hélène Lafon (Joseph, Buchet-Chastel).

Yanick Lahens avait été récompensée par les prix du livre RFO 2009, prix littéraire Richelieu de la Francophonie 2009, prix Millepages 2008 pour La Couleur de l’aube et les prix Carbet des lycéens 2014 et prix Caraïbes de l'ADELF 2013 pour Guillaume et Nathalie.

Bain de lune
retrace l'histoire d'un pêcheur qui découvre, échouée sur la grève, une jeune fille qui semble avoir été agressée. Lorsqu'elle se met à invoquer ses ancêtres, l'homme découvre un lourd passé familial. Les Lafleur et les Mésidor vivent dans un petit village d'Haïti. Les deux clans se détestent et pourtant lorsque Tertulien Mésidor rencontre Olmène Dorival, petite-fille d'un Lafleur, l'attirance est réciproque. Le roman s’en remet au chœur immémorial des paysans : eux ne sont pas dupes, qui se fient aux seules puissances souterraines.

Le Femina du meilleur roman étranger a été décerné à Zeruya Shalev pour Ce qui reste de nos vies (Gallimard, collection "Du monde entier"). L'écrivaine israélienne a reçu 5 voix au quatrième tour, contre 4 voix pour Sebastian Barry et L'homme provisoire (Joëlle Losfeld).

Il s'agit de l'histoire d'Hemda Horowitch, alitée à l'hôpital de Jérusalem, au seuil de la mort. Elle vit dans le passé et ressasse des souvenirs douloureux, notamment la difficulté d'aimer équitablement ses enfants, Avner et Dina. Le fils, adoré par sa mère, rencontre une femme à l'hôpital avec laquelle il entame une relation particulière. Mais Dina a du mal à accepter l'éloignement de sa propre fille.

Le Femina du meilleur essai est revenu à Paul Veyne (Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas: souvenirs, Albin Michel), élu par 6 voix contre 4 pour Elisabeth Roudinesco (Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Seuil). Les deux auteurs sont les uniques finalistes du prix Décembre.

Dans ses Mémoires, Paul Veyne, spécialiste de l'Antiquité romaine, raconte son enfance dans la petite bourgeoisie provençale, puis son entrée au Collège de France, ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XXe siècle (Foucault, Aron et Char), sa retraite de villageois solitaire, son goût pour la poésie, son scepticisme radical ou ses drames personnels.

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